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Déclaration commune contre le Virage à droite sur feu rouge

Quatre cannes blanches.

Lundi 11 décembre 2017 à 00:29:53 HnE

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Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / Déclaration commune contre le Virage à droite sur feu rouge

11 novembre 2002

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Dans le cadre des consultations menées par la ville de Montréal afin de décider de l'implantation ou non du VDFR sur son territoire, nous voulons par la présente faire connaître notre ferme opposition à l'implantation de cette mesure et ce, en raison des arguments suivants :

Le rapport d'analyse des projets-pilotes qui ont eu cours dans 26 municipalités démontre que :

  • Deux conducteurs sur trois n'effectuent pas le VDFR de façon conforme;
  • Un conducteur sur deux ne fait pas son arrêt complet lors de son exécution;
  • Quatre conducteurs sur cinq ne respectent pas la ligne d'arrêt;
  • Un conducteur sur deux ne respecte pas le feu de piéton;
  • Le comportement des automobilistes s'est détérioré dans les villes où le projet pilote a eu lieu. Par exemple, 8 % des automobilistes tournent à droite sur feu rouge même lorsque la manoeuvre est interdite à certaines intersections.

D'autre part, au-delà de 80 accidents attribuables au VDFR ont été dénombrés dans les régions pilotes (villes à densité moyenne) dont 25 ont occasionné des blessures. Selon les informations transmises par le Ministère des transports, certaines blessures ont été suffisamment graves pour mener à des réclamations en vertu du régime de l'assurance automobile du Québec. Le nombre de manoeuvres visant à éviter un accident n'a pas, quant à lui, été comptabilisé. Mais on peut aisément penser qu'elles sont appréciables.

De plus, les arguments en faveur du VDFR sont bien loin d'être convaincants et ont, par ailleurs, été fortement remis en question par M. Gou, l'expert qui avait reçu mandat du Ministre Serge Ménard afin de compléter les études effectuées sur le VDFR par son Ministère :

  • Harmonisation avec le reste de l'Amérique du Nord : M. Gou souligne qu'il ne s'agit pas d'un avantage qui pourrait justifier le VDFR, car il y a aussi l'utilisation des kilomètres plutôt que des milles, le port de la ceinture de sécurité, l'illégalité des détecteurs de radars, etc. Or, ces différences n'ont pas posé de problèmes jusqu'à maintenant.
  • Réduction des émissions polluantes : à ce sujet, M. Gou indique que le VDFR ferait économiser à la province environ 0,095 % des émissions reliées au transport et 0,032 % des émissions totales, ce qui semble négligeable.
  • Économie de temps : selon M. Gou, même s'il croit que cela est difficilement réalisable, le scénario le plus optimiste serait celui où tous les usagers feraient un gain de 15 secondes par jour, les études analysées faisant état d'économies allant de 3 à 15,6 secondes. M. Gou ajoute de plus que même si on admet cette économie de 15 secondes, il faut voir que la majorité des autres usagers de la route perdent du temps : les piétons qui cèdent le passage aux automobilistes même s'ils ont la priorité, les usagers de la rue transversale qui doivent freiner ou ralentir lorsqu'ils se font couper le chemin par des véhicules effectuant leur VDFR, etc.
  • Réduction de la consommation d'essence : M. Gou situe cette réduction à environ 2 litres par an par véhicule, ce qui ne représente que 0,11 % de la consommation totale de carburant. M. Gou fait valoir en outre que si les automobilistes voulaient réellement réduire la consommation d'essence ils n'achèteraient pas des véhicules à haute consommation d'essence, ralentiraient, entretiendraient mieux leur voiture et ne laisseraient pas tourner leur moteur au ralenti inutilement. Aussi, d'autres moyens seraient plus efficaces tels que : l'entretien régulier du véhicule, dont la vérification de la pression des pneus, certaines techniques de conduite automobile économiques, etc.
  • Fluidité de la circulation : M. Gou encourage plutôt de recourir à des moyens plus efficaces tel que l'utilisation de systèmes de coordination des feux de circulation, la détection automatique des piétons aux feux de circulation, etc.

D'autre part, le rapport de M. Gou précise que lorsqu'un conducteur veut effectuer un VDFR, la tâche est plus complexe que d'autres tâches normales de la conduite, ce qui explique possiblement l'augmentation du nombre de collisions lorsque le VDFR est permis. Une étude menée à Toronto en 1998 révèle que 10,3 % des collisions véhicules-piétons impliquent un virage à droite et que la majorité des collisions se produisent avec un conducteur effectuant un VDFR lorsque les piétons ont la priorité de passage (42, 9 %). Le rapport explique en effet que le conducteur du véhicule qui est arrêté est concentré à trouver un trou dans la circulation et ne regarde pas les piétons. Signalons de plus qu'en 2001, à Toronto, 108 piétons ont été impliqués dans une collision alors qu'ils avaient droit de passage et qu'un véhicule effectuait un VDFR.

Concernant la projection qui peut être faite des accidents qui pourraient survenir suite à l'implantation du VDFR, M. Gou estime que la probabilité d'un décès causé par le VDFR, bien que faible, n'est pas à écarter. Il ajoute : les résultats de l'étude pilote indiquent qu'un certain nombre de personnes seront blessées légèrement ou grièvement et possiblement mortellement (...) comme c'est d'ailleurs le cas dans d'autres juridictions d'Amérique du Nord.

Comparant les comportements des piétons et des automobilistes de Toronto et de Montréal, une étude effectuée en 2002 dont fait état M. Gou, nous révèle qu'à Montréal c'est bien plus souvent le piéton qui évite le véhicule, tandis qu'à Toronto c'est bien plus souvent le conducteur du véhicule qui effectue une manoeuvre d'évitement.

Montréal a implanté depuis un certain nombre d'années un système de flèche verte qui a pour effet d'accorder, pour les 9 premières secondes du cycle, la priorité aux piétons sur le virage des automobilistes. Il s'avère que cette mesure a réduit significativement le nombre d'accidents avec piétons, dont les enfants, les adolescents, les personnes à mobilité réduite et les personnes âgées, qui étaient plus directement visés par ce système. Plutôt que d'implanter le VDFR, ce qui signifierait l'abandon de cette mesure, nous enjoignons la ville de Montréal de maintenir ce système de flèche et d'abandonner tout projet d'implantation du VDFR sur le territoire montréalais.

Attendu que les arguments avancés par M. Gou confirment les observations et analyses de plusieurs études nord-américaines récentes, notamment celle du Ministère des transports;

Attendu que l'analyse des projets-pilotes démontre que le Virage à droite sur feu rouge est une mesure dangereuse;

Attendu qu'il n'y a aucun avantage concret à implanter le VDFR;

Nous déclarons notre opposition à cette mesure et demandons que la ville de Montréal refuse son implantation sur l'ensemble de son territoire.

Signature de la personne ou de l'organisme (avec le nom de la personne ressource)

adresse, courriel, téléphone et télécopieur

À adresser à :

  • M. Gérald Tremblay, Maire de Montréal, Hôtel de ville, 275, rue Notre-Dame Est, bureau 1.113, Montréal (QC) H2Y 1C6 (FAX : 514-872-4059)
  • M. Peter B. Yeomans, co-président de la Commission spéciale du Conseil pour l'étude de la pertinence de l'implantation du VDFR, 275, rue Notre-Dame Est, bureau 2.110, Montréal (QC) H2Y 1C6 (FAX : 514-872-5772)
  • M. Jeremy Searle, co-président de la Commission spéciale du Conseil pour l'étude de la pertinence de l'implantation du VDFR, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R. 132, Montréal (QC) H2Y 1C6 (FAX : 514-872-8720)
  • Le ou la conseiller-ère de votre arrondissement

Et Copie conforme à :

Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN) 1055, boul. René-Lévesque Est, bureau 510, Montréal (Québec) H2L 4S5

télécopieur : (514) 284-0775 ou courriel : cophan@qc.aira.com


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

Aucune éphéméride en déficience visuelle pour aujourd'hui.

Saviez-vous que :

Environ 5 millions de personnes souffrent de glaucome en Amérique du Nord, près de la moitié d'entre elles ignorent leur état parce qu'en général, elles ne ressentent aucun symptôme avant-coureur.

TyphloPensée

« Ecouter, c'est encore voir un peu, pour l'aveugle. »

Paul Rougier - La première sonate

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

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