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Les Actes du Forum de l'U.M.A. - Juin 1997

Quatre cannes blanches.

Vendredi 15 décembre 2017 à 12:54:48 HnE

Tournois d'échecs pour déficients visuels

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Photographie d'une calculatrice scientifique.
Une calculatrice scientifique parlant français. Celle-ci a été inventée par un québécois, Gaston Ozilot, durant les années 1980 et jusqu'à ce jour, elle est la seule à avoir ces caractéristiques.





Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / Les Actes du Forum de l'U.M.A. - Juin 1997 - Atelier VI - Exposé : Les facteurs d'emploi des handicapés visuels

Table des matières

LES ATELIERS

Deuxième partie : Les grands défis

VI. Emploi et ressources économiques
Les facteurs d'emploi des handicapés visuels

J'avais d'abord eu l'idée d'intituler cet exposé : "mode d'emploi des handicapés visuels". À la réflexion, outre le fait que cette formulation, un peu humoristique, eut été de nature à choquer certains, la notion même de "mode d'emploi", c'est-à-dire, de modalités d'utilisation, eut été quelque peu réductrice. En effet, l'emploi des handicapés visuels met en jeu de nombreux facteurs dont l'analyse devrait pouvoir aider les décideurs. Ces facteurs sont très divers : sociologiques, psychologiques, pédagogiques, économiques, techniques, etc.

Au-delà de cette analyse, il est essentiel de ne pas perdre de vue un enjeu humain considérable : celui de permettre au handicapé visuel de s'insérer dans la société et d'y trouver son épanouissement grâce à son travail.

1. Propos liminaires

Pour éviter toute ambiguïté, il faut noter que, faute de temps, nous ne traiterons ici que du cas des handicapés visuels, aveugles et malvoyants, sans aucun handicap associé. De même, nous soulignons, bien que cela soit évident, que nos propos ne concernent pas les handicapés visuels dont l'affection oculaire est survenue à l'âge de la retraite.

Quant aux personnes dont la différence visuelle survient en cours de carrière, leur cas doit faire l'objet d'un traitement individuel visant à les maintenir dans leur emploi, ou dans un emploi voisin, au sein de l'organisme employeur. Cela suppose une réadaptation fonctionnelle et professionnelle et un aménagement de poste de travail au moyen d'équipements adaptés. Le recours aux conseils d'experts et à l'aide financière d'organismes spécialisés sont alors indispensables. Faute d'adopter une telle voie, on aboutirait à des exclusions prématurées de la vie active.

2. Capacités et personnalité

Il est banal de dire que, parmi les handicapés visuels, il y a la même diversité d'individus que dans toute autre tranche de population. Cependant, pour le public non averti, l'aveugle sera souvent et hâtivement identifié en fonction d'idées reçues, de préjugés. Au contraire, le malvoyant, dont les résidus visuels autorisent une certaine autonomie de déplacement et de lecture, sous certaines conditions, ne sera pas perçu d'emblée comme handicapé. Dans l'un et l'autre cas, il faudra prendre le temps d'informer et d'expliquer.

Il faut aussi admettre la diversité des êtres quant à leur intelligence, leurs capacités physiques, leur force de caractère, etc. Tous ces facteurs qui, au-delà de la formation intellectuelle et professionnelle, marquent une personnalité, doivent faire l'objet d'évaluations précises en préalable à la recherche d'emploi, afin d'éviter des déconvenues ultérieures, tant de l'employeur que du handicapé lui-même.

3. Le milieu

Les problèmes de l'emploi ne se posent pas dans l'absolu : il y a la culture, le type de société, le niveau du développement économique, l'état du marché du travail, etc. C'est pourquoi les solutions valables dans un pays, à un instant donné, ne sont souvent pas transposables telles quelles.

Dans la société rurale et artisanale, les handicapés visuels ont pu pratiquer avec succès des métiers comme la brosserie, la chaiserie, la vannerie, etc.; de même, ils ont pu s'insérer dans des activités agricoles peu ou pas du tout mécanisées. Dans une économie préindustrielle, les handicapés visuels vont trouver à s'employer dans l'accomplissement de tâches manuelles ou semi-manuelles comme l'assemblage, le conditionnement et la manutention. Enfin, dans la société postindustrielle, le principal gisement d'emplois pour les handicapés visuels doit logiquement se situer dans le secteur des services.

Parmi les facteurs de l'emploi des handicapés visuels, il y a l'état du marché du travail : il est souvent plus aisé de susciter des emplois pour les handicapés visuels en période de forte croissance économique qu'en période de stagnation et de sous-emploi, la forte concurrence entre demandeurs d'emplois jouant alors en leur défaveur. Dans cette seconde hypothèse, les deux voies de recours, dont aucune n'est complètement satisfaisante, seront la création d'un secteur protégé d'activité ou la mise en place d'une législation contraignante.

Enfin, il faudra, bien sûr, compter avec l'attitude du public et, tout particulièrement, avec l'opinion des décideurs; il y aura donc lieu de diffuser une information soigneusement préparée et illustrée par des exemples concrets de handicapés visuels au travail.

4. La formation

Tout en laissant aux pédagogues et aux parents le soin de réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour la formation du handicapé visuel (éducation spéciale, intégration ou panachage des deux), il faut être conscient que ce choix devrait tenir compte du niveau et du caractère général ou professionnel de la formation qui, au demeurant, ne négligera pas :

  • l'adaptation à la cécité ou à la malvoyance (comportement psychologique et social, locomotion, etc.);
  • l'acquisition des méthodes spéciales (au minimum, apprentissage du braille pour les aveugles et de la lecture au moyen d'agrandisseurs pour les malvoyants).

Pour la formation à certains métiers, traditionnellement pratiqués par les handicapés visuels (masseur-kinésithérapeute, opérateur de standard téléphonique, musicien, accordeur de pianos), l'éducation spéciale a largement fait la preuve de son efficacité.

Pour les emplois du secteur tertiaire, il ne s'agit plus de l'apprentissage d'un métier; néanmoins leur exercice présuppose l'acquisition des techniques qui permettent de surmonter le handicap. Ensuite, il s'agit de la pratique d'une activité qui est généralement de type relationnel, faisant appel aux techniques de la communication, à la maîtrise du langage écrit et parlé, à la capacité de diriger un entretien ou une réunion, etc. Ce "professionnalisme" pourra permettre la pratique d'activités les plus diverses (documentation en matière juridique, service après-vente, démarchage commercial téléphonique...); ces activités pourront être à des niveaux variés (exécution ou commandement) et dans des domaines diversifiés (services juridiques, ressources humaines, commerce, services sociaux, administration publique, etc.).

Pour résumer en quelques mots les besoins de formation des handicapés visuels, les points suivants sont à retenir : une bonne adaptation au handicap, l'acquisition et la maîtrise des techniques qui permettent de le surmonter tant dans la vie personnelle que professionnelle, l'acquisition d'une solide formation générale.

Au-delà, la réussite professionnelle dépendra des capacités d'adaptation et du dynamisme personnel du handicapé. Il sera exigé de lui qu'il se prenne en charge et que ses résultats soient en rapport avec les exigences du poste qui lui aura été confié.

5. La technologie pour les handicapés visuels

On assiste aujourd'hui à une révolution sans précédent des techniques qui, pour l'essentiel, repose sur les progrès de l'électronique. Chacune des étapes de ce développement comporte en soi des défis qui, lorsqu'ils sont d'ordre technique, peuvent généralement être relevés pour autant que l'on y consacre les moyens financiers et humains en rapport avec la difficulté. A titre d'illustration, évoquons la substitution, en informatique, du mode graphique au mode texte, de WINDOWS 95 à MS-DOS. Ce changement représente un enjeu commercial considérable, puisqu'il apporte à l'utilisateur voyant toujours plus de convivialité. Malheureusement, le mode graphique n'est pas aisément transportable sur une barrette braille ou pour une synthèse vocale. Si l'on ne surmontait pas cette difficulté, les aveugles, qui ont acquis en grand nombre la pratique de l'ordinateur, se verraient exclus du bénéfice de cette technologie qui leur a apporté tellement d'indépendance en matière de traitement de texte, de calcul, de classement, plus généralement d'accès à l'information.

Il s'agit là, d'ailleurs, d'un problème beaucoup plus général qui doit être posé au plan international; il serait absolument normal, qu'au-delà des objectifs commerciaux, toutes les grandes compagnies qui opèrent sur le marché international (hi-fi, électroménager, informatique, etc.) prennent en compte les spécificités propres aux handicapés, visuels et autres, en les intégrant systématiquement dans les cahiers des charges de leur département recherche et développement.

Pour en revenir plus modestement à notre sujet du jour, l'emploi des handicapés visuels, il faudra désormais toujours compter avec les changements dans l'organisation

du travail, liés à l'évolution des techniques, tant pour la recherche de débouchés nouveaux que pour l'accompagnement de l'intéressé tout au long de sa carrière.

6. La recherche d'emploi

On abordera la question de la recherche d'emploi sous deux angles:

  • la recherche d'emplois accessibles aux handicapés visuels,
  • la recherche d'un emploi par un handicapé visuel.
a) La recherche d'emplois accessibles aux handicapés visuels

Les organisations qui ont en charge les problèmes des handicapés visuels doivent se consacrer à cette tâche. En effet, toute démarche de ce type commence par une analyse fine du contexte, comme on l'a vu plus haut. Cette tâche justifie le recours à des spécialistes qui entretiendront des relations suivies et professionnelles, tant avec les milieux économiques qu'avec ceux de l'administration. En effet, il est indispensable que le terrain ait été préparé à l'avance et qu'un accompagnement du candidat à l'embauche soit assuré.

b) La recherche d'un emploi par un handicapé visuel

Là encore, il est nécessaire d'insister sur l'utilité d'un accompagnement du candidat pendant sa période de pré-embauche, avec un prolongement pendant la période d'essai. Ensuite, ce soutien étant assuré, il appartiendra à l'handicapé visuel de se "vendre" en apportant la démonstration de ses capacités professionnelles et de sa faculté d'adaptation ainsi que de sa motivation.

La période d'essai devra être réelle, ce qui signifie qu'elle puisse se conclure, éventuellement après une prolongation limitée dans le temps, soit par un constat d'échec, soit par une embauche en contrat à durée indéterminée. Bien entendu, l'échec ne doit pas être transformé en catastrophe, mais en succès quelque part ailleurs ou dans un secteur plus protégé.

Jean Desormeaux
Secrétaire général adjoint
Association Valentin-Haüy pour le bien des aveugles
(FRANCE)


Découlant également de cet atelier


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

Aucune éphéméride en déficience visuelle pour aujourd'hui.

Saviez-vous que :

Louis Braille naquit le 4 janvier 1809 à Coupvray, petit village agricole de la banlieue Est de Paris. Il mourut à Paris, à l'âge de 43 ans, le 6 janvier 1852. C'est vers 1825 qu'il mit au point l'alphabeth qui, déshormais, porte son nom. Aujourd'hui encore, il est utilisé comme système de lecture et d'écriture par les aveugles du monde entier.

TyphloPensée

« La lune ne brille pas assez Pour les yeux aveuglés par l'amour. »

Kate Bush - Paroles de la chanson Kashka from Baghdad

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

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