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Les Actes du Forum de l'U.M.A. - Juin 1997

Quatre cannes blanches.

Samedi 16 décembre 2017 à 13:42:42 HnE

Tournois d'échecs pour déficients visuels

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Photographie d'un poste de travail adapté.
Un poste de travail adapté aux personnes aveugles utilisant : un afficheur braille PACmate et la revue d'écran JAWS. L'application actuellement en cours sur l'écran : Duxbury Braille Translator un logiciel dédié à la transcription braille.





Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / Les Actes du Forum de l'U.M.A. - Juin 1997 - Atelier III - Exposé : L'enseignement du braille français au Québec

Table des matières

LES ATELIERS

Première partie : Vers l'autonomie

III. Alphabétisation
L'enseignement du braille français au Québec

Historique

1861 : Ouverture, à Montréal, de la première école canadienne pour personnes aveugles, l'Institut Nazareth. L'enseignement y est d'abord transmis oralement et l'on accorde beaucoup d'importance aux travaux manuels.

1865 : Début de l'enseignement du braille.

1891 : Première tentative de création d'un fonds documentaire en braille.

1911 : Mise sur pied de la bibliothèque braille à l'Institut.

1918 : Fondation de l'Institut national canadien pour les aveugles (INCA).

1930 : L'INCA s'installe au Québec; dorénavant, l'INCA prendra en charge la rééducation des adultes, y compris l'enseignement du braille. Après la seconde Guerre mondiale, l'INCA met sur pied un service d'enseignement à domicile. Les "professeurs à domicile" sont généralement des personnes nonvoyantes.

1940 : Pour des raisons financières, l'Institut Nazareth abandonne l'enseignement aux adolescents. Les garçons de 12 ans et plus devront attendre jusqu'en 1952 avant d'avoir de nouveau accès à la scolarisation.

1952 : Fondation d'une école pour garçons aveugles, l'Institut Louis-Braille.

1951 : Ouverture, à l'Institut Nazareth, d'une École Normale pour jeunes filles aveugles qui se destinent à la carrière d'enseignante. De 1951 à 1965, années où sont abolies les écoles normales au Québec, une vingtaine de professeurs auront été ainsi formés et trouveront de l'emploi dans les milieux académiques.

1975 :

  • Le ministère québécois de l'Éducation prend en charge la scolarisation des personnes handicapées de la vue, tandis que le ministère des Affaires Sociales reçoit le mandat de la Réadaptation.
  • Fusion des deux écoles pour aveugles, d'où l'Institut Nazareth et Louis-Braille.
  • Débuts de l'intégration scolaire.

1976 : Fermeture définitive du service d'enseignement à domicile de l'INCA.

1977 : Inauguration des deux premiers Centres de Réadaptation au Québec : pour la région de Montréal, L'Institut Nazareth et Louis-Braille, qui change de mission première, et le Centre Louis-Hébert pour la région de Québec. Depuis ce temps, sept nouveaux centres se sont, ajoutés aux deux premiers, afin de couvrir tout le territoire de la province.

Apprentissage du braille en milieu de réadaptation

Actuellement, ce sont les professionnels des centres de réadaptation qui enseignent le braille aux adultes, tandis que les élèves des niveaux primaire et secondaire apprennent habituellement ce mode de communication dans le cadre de leur scolarisation.

Jusqu'à maintenant, les centres de réadaptation ont privilégié l'enseignement individuel, qui permet aux personnes en situation de réalphabétisation d'acquérir à leur rythme la maîtrise des habiletés de lecture et d'écriture dont elles ont besoin pour les activités de vie quotidienne, les loisirs, les études et le travail. Le calendrier et les horaires d'enseignement sont adaptés à chaque individu en fonction de ses besoins, de ses aptitudes, son état de santé, sa mobilité et sa disponibilité. Depuis l'ouverture des centres de réadaptation, ce sont les personnes aveugles qui doivent se déplacer pour suivre les cours de braille. Toutefois, nous sommes conscients que cette politique favorise davantage les personnes autonomes qui demeurent dans les grandes villes à proximité des centres. Depuis la disparition de l'enseignement à domicile de l'INCA, c'est-à-dire, depuis plus de 20 ans, bien des Québécois aveugles qui habitent "en région" - et l'on n'a guère à s'éloigner beaucoup pour en trouver -, n'ont aucun accès, même en dépit de leurs revendications, à l'apprentissage du braille!

Nous avons constaté que les besoins les plus fréquents chez les adultes qui acceptent la réalphabétisation par le braille étaient les suivants :

  • lire les jeux de cartes et les cartes de bingo;
  • participer aux jeux de société;
  • préparer des étiquettes d'identification;
  • rédiger un agenda;
  • transcrire un carnet d'adresses;
  • transcrire des recettes;
  • lire des revues en braille;
  • accéder aux bibliothèques braille;
  • accéder aux outils académiques;
  • améliorer son efficacité professionnelle.

L'enseignant doit généralement vérifier la maîtrise de certains concepts de base, nécessaires au développement des habiletés motrices (droite/gauche, haut/bas, etc.); il doit connaître la capacité de mémorisation de son élève et évaluer l'acuité du toucher. La scolarisation, les connaissances linguistiques et l'âge de l'individu sont autant de facteurs complémentaires susceptibles d'affecter le processus d'apprentissage.

Dans les années 50, les enseignants devaient consacrer plusieurs heures au développement de la perception tactile; les élèves adultes étaient souvent des personnes habituées au dur labeur manuel de la ferme, de l'usine ou de la forêt. Aussi les introduisait-on à l'exercice graduel de la perception tactile par des travaux manuels requérant un certain doigté (laçage du cuir, confection de tapis), avant de les familiariser aux notions de base du système braille qu'on dispensait à l'aide d'un bloc troué et de clous à tête ronde.

Au Québec, la première Méthode d'enseignement du braille aux adultes fut publiée en 1972. Jusque là, les professeurs à domicile rédigeaient eux-mêmes ou copiaient à la tablette tous les exercices nécessaires à l'apprentissage du braille. Cette première Méthode comprenait trois volumes :

  1. Le braille intégral
  2. L'abrégé orthographique
  3. L'abrégé orthographique étendu (AOÉ).

Cet ouvrage avait l'avantage de faciliter la mémorisation en utilisant comme référence l'alphabet imprimé reproduit en relief; cependant, cela avait pour inconvénients de devoir recourir au procédé "thermoform" très coûteux pour la production de copies multiples.

Dans les années 80, certains pédagogues ont eu recours à une méthode conçue pour les élèves des niveaux moyen et supérieur : Le Braille aux Étudiants, édité en 1971. Ce manuel est remarquable pour l'importance qu'il accorde aux exercices d'écriture; cependant, les exercices de lecture, si indispensables aux adultes en situation de réalphabétisation, y sont presque absents.

Depuis la publication, en 1990, du Code de transcription de l'imprimé en braille, de nouvelles méthodes ont vu le jour, dont celle nommée Les points magiques, conçue par l'auteur de cette présentation.

L'élaboration de cette méthode a tenu compte de suggestions et d'analyses recueillies au cours d'une vingtaine d'années d'expérience professionnelle auprès des principaux intéressés. Les éléments de mémorisation sont divisés en 22 leçons de braille intégral et 36 leçons de braille abrégé. Il y a progression dans la distribution des exercices de lecture (lettres, syllabes, mots, phrases, textes) et dans l'acquisition d'habiletés d'écriture à travers des exercices pratiques. Grâce à l'ordinateur, il sera possible en tout temps de procéder à des mises à jour de la Méthode.

Dans l'étude du braille intégral, Les difficultés les plus courantes sont les suivantes :

  • inversion des lettres (d, f, h, j, e, i);
  • identification inexacte de certains caractères (r et o, f et s, k et le symbole de majuscule, s et t, f et i);
  • maîtrise approximative des symboles représentants les accents.

Il est important de mentionner qu'il faut consacrer plus de temps auprès des personnes âgées et peu scolarisées afin qu'elles réussissent à maîtriser différentes habiletés. De plus, on doit les aider à se donner une méthode de travail. Les bons lecteurs compensent leurs difficultés de perception tactile par leur capacité d'anticipation. La pratique d'exercices d'appoint contribue à solutionner plusieurs problèmes. Surtout, il est indispensable de se fixer des objectifs réalistes, afin que la personne puisse elle-même mesurer ses propres progrès.

Avant d'entreprendre l'apprentissage du braille abrégé, on recommande fortement aux élèves adultes de lire le plus possible en intégral, afin de se familiariser avec leur nouveau mode de lecture au moyen de textes qui captivent leur intérêt. De là l'importance des revues en braille et des bibliothèques, dans la mesure où elles offrent un fonds documentaire diversifié et d'actualité. Quant au braille abrégé, sa difficulté principale est la mémorisation des assemblages de lettres.

Le braille dit "à points géants" est occasionnellement utilisé pour certaines personnes qui rencontrent des difficultés perceptuelles très importantes; mais il s'agit là d'une solution de dernier recours, peu viable dans l'exercice de la vie quotidienne.

En 1977, le gouvernement du Québec mettait sur pied son programme A.M.E.O. (aides mécaniques, électroniques et optiques). Ce programme alloue aux personnes handicapées de la vue, selon des critères établis par la Régie de l'Assurance-maladie du Québec, certains appareils qui permettent aux professionnels de l'enseignement du braille aux adultes, ainsi qu'aux étudiants eux-mêmes, d'améliorer considérablement la qualité des interventions. Grâce au prêt de magnétophones, de calculatrices, de machines à écrire ou de télévision en circuit fermé, on peut offrir un matériel d'appoint de meilleure qualité et se référer de façon plus concrète à des situations de vie quotidienne qui nécessitent une l'utilisation du braille, ne serait-ce que comme outil complémentaire.

Défis à relever dans les années à venir

Il y a encore beaucoup de travail à accomplir dans le domaine de l'enseignement du braille. Par exemple :

  • Développer de meilleurs outils pédagogiques de perception tactile.
  • Adapter notre méthodologie aux besoins et aux limites d'une population vieillissante en constante augmentation.
  • Trouver des solutions permettant d'offrir des cours de braille aux personnes aveugles qui habitent à l'extérieur des grands centres urbains.
  • Favoriser la concertation entre les secteurs de la réadaptation, les bibliothèques et les producteurs de braille.
  • Préparer une documentation pédagogique solide pour guider ceux et celles qui formeront la relève. Jusqu'à récemment, l'enseignement du braille était confié aux personnes aveugles; mais celles-ci sont de moins en moins nombreuses à trouver un emploi parmi les professionnels de la réadaptation.

Lise Monette
Enseignante du braille
Institut Nazareth et Louis-Braille (INLB)
(Québec)


Découlant également de cet atelier


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

Aucune éphéméride en déficience visuelle pour aujourd'hui.

Saviez-vous que :

C'est à la foire de Saint-Ovide (France), en septembre 1771, que Valentin Haüy vit des aveugles faire les clowns sous les quolibets et les rires de la foule. La vue de ces hommes impuissants, dégradés et ridiculisés le choqua profondément. Cet incident fut à l'origine de la campagne qu'il mena pour fonder ce qui fut la première école au monde réservée aux aveugles.

TyphloPensée

« L'aveugle garde le regard comme le muet la parole - l'un et l'autre dépositaires de l'invisible, de l'indicible... gardiens infirmes du rien. »

Edmond Jabès - Le petit livre de la subversion hors de soupçon

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

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