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UNE AVEUGLE AU SOMMET

Quatre cannes blanches.

Mardi 18 février 2020 à 20:21:39 HnE

Tournois d'échecs pour déficients visuels

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Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / UNE AVEUGLE AU SOMMET

Sabriye TENBERKEN a publié chez Anne CARRIERE " Mon Chemin mène au Tibet ". L'histoire vraie de sa conquête du toit du monde. Elle a ouvert à Lhassa la première école pour aveugles et a contribué à inventer le braille tibétain.

À 31 ans, la courte vie de Sabriye TENBERKEN rime déjà avec un défi et succès. Cette jeune allemande née dans la région de Cologne marche sur les traces des grandes aventurières du début du XXème siècle, que sont Alexandra DAVID-NEEL ou Elsa MAILLARD. Mais pour Sabriye le but de ses voyages n'est pas uniquement la découverte et la rencontre mais l'aide aux aveugles et malvoyants dans des régions très reculées d'Asie.

Atteinte d'une dégénérescence visuelle, Sabriye TENBERKEN est totalement privée de vue depuis l'âge de 12 ans. Scolarisée dans une école spécialisée de Marburg, elle a appris à se débrouiller par elle-même grâce à la pratique de nombreux sports longtemps considérés comme interdits aux aveugles. Kayak, ou équitation, elle ne semblait pas craindre le danger, soucieuse de parvenir à gagner son indépendance.

" L'indépendance et le goût du risque m'ont été transmis par ma mère " raconte-t-elle. " Après 68 et le grand mouvement de libération des femmes en Allemagne, ma mère était partie vivre, seule, deux en Turquie, et elle n'avait pas hésité à se déguiser en homme pour passer inaperçue. Les récits de ses exploits m'ont convaincue qu'il fallait que je voyage, même seule " ironise-t-elle.

Car, depuis la fin du lycée, elle a parcouru du chemin. En s'inscrivant d'abord dans une université de langues orientales option chinois. Avant de bifurquer, contre l'avis des professeurs, vers la tibétologie. Une discipline confidentielle, certes, mais dont l'enseignement était quasiment impossible à suivre lorsqu'on a plus ses yeux car il n'existait alors aucun braille tibétain. L'idée lui est venue de s'inventer son propre système d'écriture : sans doute une première.

Le braille tibétain n'existant pas elle s'est interrogée sur le sort réservé aux enfants aveugles du Tibet.

Son premier voyage au Tibet remonte à 1997. De Pékin elle a sillonné la Chine, vers l'ouest, en passant par Chengdu. " Cette ville était un point de passage obligé. C'est là que je pouvais espérer obtenir les autorisations écrites qui me manquaient pour aller au Tibet, se souvient-elle. Je suis tombée sur des fonctionnaires stupéfaits par ma volonté d'aller à la rencontre des aveugles tibétains. Ils m'ont signifié qu'il n'y avait pas d'aveugles et de malvoyants dans cette région et que par conséquent, mon voyage n'avait aucun but. Alors j'ai menti, dit-elle en riant. Je leur ai fait croire que j'avais levé une forte somme d'argent pour venir en aide aux aveugles tibétains, et que j'allais changer de destination et récupérer mes billes pour les placer ailleurs ".

BRISER La GLACE

Grande gueule, Sabirye Tenberken l'avoue : ce mensonge lui a permis d'obtenir les papiers nécessaires. C'est à cheval qu'elle a pénétré dans l'une des plus hautes provinces du monde à la recherche d'enfants aveugles. Et, contrairement au propos du bureaucrate de Chengdu, des aveugles il y en avait. Aiguillée par une éducatrice de Médecins sans Frontières, rencontrée à Lhassa, la capitale, elle a découvert ces enfants que leurs familles cachaient, car leur cécité était considérée comme une punition divine.

" Au Tibet l'altitude a abîmé les yeux d'une partie de la population " raconte-t-elle. " L'intensité lumineuse y est si forte que bon nombre de rétine ont grillé. L'autre cause de cécité est due à des infections de cornées. En effet, on ne chauffe pas les aliments avec du bois mais avec de la bouse séchée. Les enfants la touchent et ensuite se frottent les yeux " poursuit Sabriye Tenberken.

Face à l'incrédulité des parents, Sabriye Tenberken a dû se montrer persuasive. " Il a fallu briser la glace. Les parents ne me croyaient pas, ils pensaient que je voyais normalement car je les fixais et je me déplaçais à cheval, alors que leurs petits étaient au mieux assis toute la journée au pied d'un mur, ou pire attachés sur un lit, sans bouger, parler ou jouer ".

25 élèves aveugles

C'est de ses différentes rencontres qu'a germé l'idée de l'école. Rentrée en Europe, elle a cherché des fonds auprès du gouvernement allemand et le soutien d'applications et de fondations. Peine perdue, elle dit avoir été jalousée par le monde associatif. Par ailleurs le gouvernement de Berlin lui a refusée un subvention de 50 000 euros. C'est donc dans un quasi dénuement qu'elle a inauguré en plein coeur de Lhasa son école. " Pendant deux ans et demi nous n'avons payé personne, nous vivions et travaillions dans des conditions limites, et nous avons dû retaper nous-même les locaux " se souvient-elle. Mais son obstination et son " partenariat " amoureux avec Paul Kronenberg ont séduit. L'ambassade des Pays-Bas à Pékin apporte et subsides substantiels à l'établissement, et des donateurs privés, européens se sont manifestés. Les six premiers élèves tibétains ont reçu des machines à écrire, des méthodes de braille tibétain, et des livres chinois, tibétains et anglais transcrits en braille par les soins de Sabriye Tenberken. Les médias locaux se sont emparés de son histoire et aujourd'hui le centre accueille 25 enfants. Pour la plupart pensionnaires, on leur enseigne la responsabilité et l'action. " Ils étudient, s'entraident, nettoient leur chambre, et aident aux activités d'entretien de l'école ", raconte fièrement la directrice, Sabriye. " Notre croissance est rapide car au départ j'ai été à la rencontre des aveugles du Tibet, désormais ce sont les parents qui amènent eux-mêmes leurs enfants ". La réussite sera complète quand elle aura passé la main aux Tibétains.


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

Aucune éphéméride en déficience visuelle pour aujourd'hui.

Saviez-vous que :

Charles Bonnet (1720-1793) Naturaliste et philosophe suisse, découvreur de la parthénogénèse (la reproduction sans fertilisation) et qui a élaboré la théorie de l'évolution. Bien que Bonnet était un avocat, sa vraie passion était les sciences naturelles. S'attardant d'abord à l'entomologie, il a étudié le comportement des aphides, et a découvert que l'insecte femelle pouvait se reproduire sans fertilisation par le mâle. En 1742, il a découvert que les chenilles et les papillons respirent par leurs pores, qu'il a nommées stigmates. Bonnet s'est ensuite intéressé à la botanique, en y étudiant les structures et les fonctions des feuilles.

Atteint de cécité, il s'est intéressé cette fois à la philosophie. Dans ses - Considérations sur les corps organisés - (1762), il élabora une théorie selon laquelle tout organisme femelle contient dans ses cellules sexuelles une quantité infinie d'individus préformés, entraînant l'immortalité et l'immuabilité des espèces. Dans la Palingénésie philosophique - (1769) il a élaboré l'idée que la Terre subi périodiquement des catastrophes universelles qui détruisent presque toutes les espèces vivantes, dont les survivantes accèdent au prochain stade évolutif. Bonnet a été le premier à employer le mot - évolution - dans un contexte biologique. Dans son - Essai de psychologie - (1754) ainsi que dans - Essai analytique sur les facultés de l'âme - (1760), il avait déjà entrevu la psycho-physiologie.

TyphloPensée

« Les femmes laides n'ont été mises sur la terre que pour faire la consolation des aveugles. »

Louis Auguste Commerson - Pensées d'un emballeur

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

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