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À quelques pas du retour à la vie régulière

Quatre cannes blanches.

Dimanche 10 décembre 2017 à 23:01:45 HnE

Tournois d'échecs pour déficients visuels

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Photographie d'une machine Thermoform.
L'appareil, usuellement nommé Thermoform, est utilisé pour reproduire des dessins ou graphiques en relief. Sous l'effet de la chaleur, le papier plastifié, spécialement conçu, prend le relief de la maquette sur laquelle il est placé.





Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / À quelques pas du retour à la vie régulière

(Ce texte, est la septième et dernière partie d'une généreuse contribution de Ginette, qui partagera avec nous son apprentissage vers une autonomie plus grande.)

Le vendredi du 8 décembre, je passais encore une fois à l'évaluation. Il fallait effectuer un trajet tandis que nos instructeurs nous suivaient en voiture. C'était, affirmaient-ils, pour ne pas déranger les chiens ! En tout cas, ils devaient être bien heureux, de se trouver assis au chaud tandis qu'à l'extérieur il faisait environ du moins 20 degrés Celsius !

Cette quatrième semaine de formation fut pour moi une occasion de faire connaissance avec l'hiver et son cortège de surprises pas toujours très agréables. Mademoiselle Pénélope est, disons-le mot, un peu douillette. Par temps glacial, elle n'avait pas aussitôt fait deux ou trois pas sur le trottoir qu'elle se lançait sur le dos (avec harnais et laisse) en démontrant par cette action quel déplaisir lui procurait la sensation de brûlure sous les pattes.

Bien sûr le sel que les employés municipaux répandent dans les rues n'aide pas à rendre les promenades bien agréables pour les toutous mais tout de même ! Pénélope abusait sans vergogne de mon coté bon enfant et en profitait pour me faire effectuer des détours sur les pelouses enneigées où, bien entendu, il n'y avait pas de ce foutu sel. Je sentais confusément que l'hiver serait long ! Ce n'est pas aisé de marcher sur des trottoirs enneigés alors que notre chien saute sur trois pattes. J'avais la bête impression d'être accompagnée d'un kangourou ! Je savais que plusieurs utilisateurs de chiens-guides appliquaient de la vaseline sur les coussinets de leur animal comme traitement préventif. Mais cette façon de procéder entraînaient certains désagréments comme par exemple le graissage de la maison et l'accumulation de saletés sous les pattes. Un instructeur me donna le conseil de faire tremper les " papattes " de ma chère Pénélope dans une préparation refroidie de thé très fort. Apparemment, cette boisson aurait des propriétés miraculeuses pour durcir les coussinets et les rendre ainsi plus résistants.

Je repartis encore une fois à la maison pour toute la fin de semaine avec ma chienne. Cette dernière était aux petits oiseaux ! Tout le monde voulait la flatter, la dorloter, la distraire.

J'étais heureuse d'avoir l'opportunité de retrouver les miens durant deux jours mais j'étais également triste de penser qu'il me fallait revenir à Sainte-Madeleine le dimanche soir. Il faut comprendre qu'il n'est pas aisé de vivre en communauté avec des inconnus venant parfois de milieux très différents du nôtre. Et puis, il y avait le stress de l'apprentissage, les longues attentes assis dans un restaurant ou dans la fourgonnette, les évaluations, etc. Par chance, il ne restait plus que trois jours à passer en groupe et ensuite le reste de la formation se ferait à domicile avec mon intervenante.

À mon retour en classe lundi matin, j'ai pu mesurer l'effet désastreux de ces deux jours de " caresses intensives " sur le comportement de Pénélope ! En effet, pourquoi celle-ci se donnerait-elle autant de mal après tout ! Il existait des gens dans son entourage qui lui procuraient plaisirs et détente et qui ne lui demandaient rien en retour ! Je passais donc la journée entière à pester contre ma chienne qui ne voulait pas travailler. Je me promis qu'à l'avenir, je serais beaucoup plus prudente et que j'exigerais de la part de tous un plus grand respect pour la relation maître et chien-guide. Pénélope devait recevoir de ma part à la fois récompenses et punitions. Elle était avant tout un chien de travail et non un jouet pour toute la famille.

La journée du mardi commença sur une note très gaie. Nous sortîmes tous à l'extérieur tandis que la tempête de neige faisait rage. Les chiens débarrassés de leur laisse et de leur harnais devaient nous suivre au pied. Puis c'était la complète débandade !  ! Les boules de neige fendaient l'air de part et d'autres et les grognements se mêlaient aux aboiements ! Tout un défoulement ! Et comme il était de mise, l'utile fut joint à l'agréable. Nous en profitâmes pour faire des exercices de rappel et d'obéissance. Par exemple, nous demandions à notre chien de marcher au pied tandis que leurs congénères gambadaient tout autour de nous.

Enfin ! L'apprentissage en classe tirait à sa fin. Il ne restait plus que les recommandations d'usage et les papiers officiels à signer. Avant de quitter, la Fondation nous remettait à chacun de nous un gros sac rempli de nourriture pour chiens.

La journée du mardi se clôturait par un party réunissant élèves et professeurs. Christian, gaffeur comme à l'habitude, renversa un plat rempli de croustilles par terre. Ce fut l'occasion de mettre à l'épreuve nos chiens qui n'avaient pas le droit de manger quoi que ce soit lorsqu'ils portaient leur harnais. Pénélope essaya bien entendu de jouer à la plus fine avec moi. Elle se coucha par terre et, sans tirer sur la laisse, sortit une langue démesurée avec le vague espoir sans doute de se mettre un petit quelque chose sous la dent.

J'eus également la surprise au cours de cette soirée de revoir Yvon et sa chienne Morphée, la soeur de Pénélope. Il avait quitté la classe deux semaines plus tôt que nous car il était déjà un maître de chien-guide expérimenté. Morphée se caractérisait par ses drôles de petits grognements poussés lors de tentatives (souvent infructueuses) de se faire comprendre des humains.

Le mercredi 13 décembre de l'an 2000 voyait la fin de mon aventure à Sainte-Madeleine. Ce que je pouvais être soulagée de retourner enfin chez-moi. Je ne regrettais nullement ma décision mais j'avoue que je ne m'attendais pas à vivre autant de stress. Un chien restera toujours un chien. Il a suivi un entraînement lui permettant de guider une personne aveugle mais rien n'empêche qu'il n'éprouve pas toujours le goût de bien travailler. Je m'apercevais avec un peu de découragement qu'il y avait encore beaucoup de boulot à accomplir avec ma compagne avant que le couple se soude pour de bon et que les déplacements deviennent plus agréables. Pour assurer le succès de cette coopération entre hommes et bêtes, il ne fallait pas hésiter à investir son temps et son énergie surtout durant les premiers mois suivant la remise du chien. En ce qui me concernait de façon plus personnelle, je savais qu'il me fallait continuer mes cours en mobilité avec Hélène parallèlement à mon apprentissage de maître de chien-guide. On n'apprenait pas l'autonomie dans ses déplacements sur un simple claquement de doigts comme par magie. La route était longue parfois avant d'atteindre son but mais il ne fallait jamais abandonner devant les difficultés. La récompense de tous mes efforts se trouvait désormais à mes cotés. Je n'avais qu'à poser ma main sur la tête de Pénélope pour prendre conscience à quel point la vie venait de me gâter.


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

Aucune éphéméride en déficience visuelle pour aujourd'hui.

Saviez-vous que :

Louis Braille naquit le 4 janvier 1809 à Coupvray, petit village agricole de la banlieue Est de Paris. Il mourut à Paris, à l'âge de 43 ans, le 6 janvier 1852. C'est vers 1825 qu'il mit au point l'alphabeth qui, déshormais, porte son nom. Aujourd'hui encore, il est utilisé comme système de lecture et d'écriture par les aveugles du monde entier.

TyphloPensée

« La science sans religion est boiteuse, la religion sans science est aveugle. »

Albert Einstein

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

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