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À l'école du chien-guide

Quatre cannes blanches.

Samedi 16 décembre 2017 à 13:37:09 HnE

Tournois d'échecs pour déficients visuels

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Photographie d'un poste de travail adapté.
Un poste de travail adapté aux personnes aveugles utilisant : un afficheur braille PACmate et la revue d'écran JAWS. L'application actuellement en cours sur l'écran : Duxbury Braille Translator un logiciel dédié à la transcription braille.





Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / À l'école du chien-guide

(Ce texte, est la quatrième partie d'une généreuse contribution de Ginette, qui partagera avec nous son apprentissage vers une autonomie plus grande.)

Une date mémorable que je n'oublierai jamais ! Dimanche soir, le 12 novembre de l'an 2000, je faisais mon entrée chez Mira, une école de chiens-guides. Je me sentais à la fois excitée et anxieuse en pénétrant dans ce monde pour moi inconnu. Ma première soirée se passa à ranger mes affaires dans ma chambre privée et à faire connaissance avec les autres pensionnaires. Les échanges furent tout de suite cordiaux et je fus rassurée dès le départ sur la qualité de mon voisinage.

Le lendemain commençaient les exercices. Les instructeurs nous faisaient découvrir les différentes installations afin de nous familiariser avec cet environnement qui serait le nôtre tout un mois.

J'ai appris sous la supervision parfois fort moqueuse de Christian, un instructeur aveugle, comment il fallait faire pour assembler un harnais. Puis, sortant à l'extérieur, nous fîmes tous les deux un exercice qui n'alla pas sans provoquer quelques épisodes de fou rire. Christian jouant le rôle du chien et moi celui du maître, il me fallut apprendre certains des commandements utilisés lors du guidage.

Le mardi matin du 14 novembre, moi et les autres demandeurs de chiens-guide nous nous rendîmes au chenil. Je fis alors l'essai de trois chiens : Maracas, Harmonie et Calypso. Maracas filait comme une flèche et me faisait traverser le long corridor au pas de course ! Idéal pour ceux qui aiment à faire du jogging, ce toutout ! Puis, Harmonie, une labernois douce et paisible, qui marchait d'un pas mesuré, jetant à gauche et à droite ses regards curieux. Enfin, Calypso, mon coup de coeur! Un labernois affectueux comme pas un et obéissant. Nous étions plusieurs à nous promener ainsi dans le même corridor avec nos chiens d'essai et une petite collision s'est produite. J'ai fait un face à face pour le moins percutant avec Rock, lui heurtant de mon front le nez. Le pauvre ! Il a été mis hors d'état de fonctionner durant toute une demi-heure. Bien entendu, l'incident donna lieu à plusieurs plaisanteries par la suite.

Après le dîner, nous avons recommencé avec de nouveaux chiens. Cette fois-ci, j'avais Pénélope, la soeur de Calypso. Tout de suite, la chimie s'opéra entre moi et cette chienne à poils longs. Puis ce fut Prof, un labrador blond. Ce dernier me PLAISAIT un peu moins car il ne réagissait pas vraiment à mes caresses.

Ce soir-là, Nicolas, le fils de monsieur Éric Saint-Pierre, me demanda quels étaient mes premiers choix. Sans hésitation aucune, je lui nommai Pénélope suivie de très près dans l'ordre des préférences par Calypso. Rien ne garantissait que je pourrai obtenir satisfaction à ce chapitre. Dans le cas d'un premier chien-guide, les instructeurs avaient habituellement le dernier mot.

Mercredi le 15 novembre, nous retournions au chenil. On me donna pour commencer une petite chienne toute blonde nommée « Belle ». Elle filait comme le vent et on eut tôt fait de me remettre avec Pénélope. Cette douce et affectueuse chienne avait été dressée par Nicolas. Elle tenait beaucoup plus du bouvier que du labrador et arborait une véritable forêt de poils longs et soyeux de couleur noir et feu. On aurait dit un jouet en peluche pour les enfants fait pour être cajolé et serré tout contre soi. Bien entendu, je ne m'en privais pas ! Lorsque vint l'heure du dîner, monsieur Éric Saint-Pierre m'annonça que je retournais à l'accueil accompagnée de Pénélope. J'étais folle de joie mais j'osais à peine le montrer! Je savais que des changements pouvaient se produire à tout moment alors...

Ce que je trouvais difficile au début de mon apprentissage, c'était de corriger le chien lorsqu'il commettait une erreur. En effet, il est important de ne pas tolérer aucun écart de conduite de la part de notre compagnon car il en prendrait vite l'habitude. Les instructeurs me reprochaient sans cesse mon manque d'autorité et me prédisaient une relation problématique avec ma chienne si je ne réussissais pas à renverser la vapeur. Mais comment faire pour disputer un animal aussi doux ? Il me fallait donc passer par-dessus mes réticences et montrer à Pénélope que j'étais sa maîtresse et qu'elle me devait obéissance. La dureté des corrections à infliger à l'animal me surprenait tout de même.

Le soir, nous reçûmes en cadeau un peigne de métal, une brosse, un bol et un jouet pour chien. Il faut ajouter également que le harnais, la laisse et l'étrangleur étaient fournis gracieusement par la Fondation Mira.

Un de mes compagnons, Yvon, me fit une démonstration de brossage. Pas si facile que cela en a l'air au premier abord ! Ma chienne ne cessait de poser la patte sur mon bras ou de faire semblant d'avoir des démangeaisons (les séances de grattage s'éternisaient alors). De plus, mademoiselle Pénélope refusait avec obstination de se faire brosser la queue.

La journée du jeudi se passa en exercices d'obéissance. Par exemple, avant de nourrir ma chienne, je lui intimais l'ordre de s'asseoir et de ne pas bouger d'un poil. Difficile épreuve que celle-là ! Une fois, Pénélope, rusée comme un renard, rampa comme un serpent jusqu'à son bol de nourriture. Malheureusement pour elle, le bruit que faisait entendre sa mâchoire de gourmande la trahit.

Sous le regard de Nicolas qui me donnait ses instructions par l'intermédiaire d'un walkie talkie, je devais me promener en tenant Pénélope en laisse à travers un champ. D'autres chiens en liberté gambadaient tout autour de nous. La chienne n'avait pas le droit de sentir l'herbe ni de s'intéresser aux autres chiens. Dès que je sentais un petit écart de sa part, je donnais un coup sec sur la laisse afin de la remettre sur le droit chemin.

Vendredi le 17 novembre, nous prenions place à bord de deux fourgonnettes afin de nous rendre à la ferme de monsieur Éric Saint-Pierre, à Saint-Césaire. Au deuxième étage du chenil, il y avait un manège avec des mannequins et des jeux de lumières. Nous devions traverser d'un bout à l'autre le corridor dans lequel se mouvaient les mannequins. Pénélope ne fit pas très bonne figure, visiblement effrayée par ces grands pantins fonçant sur elle.

Puis, sous la grêle et dans le froid, nous sommes partis par groupe de quatre nous balader dans le champ boueux. Moi qui commençais une mauvaise grippe !

Le samedi matin, nous recommencions encore une fois le tour du manège. Cette fois-là, Pénélope me fit honneur. Monsieur Éric Saint-Pierre qui me surveillait de très près me conseilla de récompenser ma chienne avec une petite poignée de nourriture. J'étais soulagée car je savais qu'on ne me laisserait jamais sortir avec un animal trop craintif. Mais moi, Pénélope, je l'aimais déjà et je ne souhaitais pas du tout m'en séparer.

La première semaine venait de se terminer. Je sentais que des liens commençaient tout doucement à se tisser entre moi et ma paisible compagne. D'ailleurs, elle ne cherchait plus à se diriger vers son instructeur comme aux premiers jours et me suivait sagement dans tous mes déplacements.

Émotivement, l'apprentissage pour devenir maître d'un chien-guide se révélait parfois fort pénible. De plus, les visites n'étaient pas permises la première fin de semaine. Ce règlement qui pouvait sembler sévère au premier abord existe dans le seul but de permettre un renforcement des liens entre les aveugles et leur animal.

Pour ma part, je n'avais rien trouvé de mieux à faire pour me rapprocher de ma « grosse fille » que de me coller tout contre elle et de lui murmurer des tas de niaiseries dans le creux de l'oreille. Pénélope s'en montra tout à fait ravie et me répondait en appuyant son gros nez contre le mien.


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

Aucune éphéméride en déficience visuelle pour aujourd'hui.

Saviez-vous que :

Environ 5 millions de personnes souffrent de glaucome en Amérique du Nord, près de la moitié d'entre elles ignorent leur état parce qu'en général, elles ne ressentent aucun symptôme avant-coureur.

TyphloPensée

« On a fait l'Amour aveugle, parce qu'il a de meilleurs yeux que nous. »

Jean-Jacques Rousseau

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

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