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Un aveugle: "J'ai descendu 71 étages avec mon chien puis la tour a disparu"

Quatre cannes blanches.

Dimanche 27 mai 2018 à 19:40:04 HaE

Tournois d'échecs pour déficients visuels

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Photographie d'un livre pour enfant.
Une page de livre pour enfant réalisée sur du papier SwellTouch (thermogonflage). Procédé par lequel l'encre prend du relief lorsqu'on applique une chaleur.





Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / Un aveugle: "J'ai descendu 71 étages avec mon chien puis la tour a disparu"

Attentats aux États-Unis

Jeudi 13 septembre 2001, 20h35

BOGOTA, 13 sept (AFP) - L'aventure d'un aveugle colombien, qui se trouvait au moment des attentats au 71ème étage de la première tour du World Trade Center à avoir été touchée mardi à New York, bouleverse son pays.

"J'ai descendu tous les escaliers avec mon chien et ma patronne, puis la tour s'est effondrée comme un château de cartes", a-t-il raconté jeudi à la Radio Caracol de Bogota.

La course contre la mort d'Omar Eduardo Rivera, 40 ans, guidé par Tops, son labrador blanc, et accroché au bras de sa supérieure, Ann, aura duré "de 70 à 75 minutes", entre "les chutes de gravats et le ruissellement du kérosène" sorti des entrailles du Boeing, encastré quelque cinq étages plus haut dans la première tour frappée par les attentats.

Ingénieur civil, Omar travaillait depuis 13 ans au service portuaire de New York. En 2000, il était devenu totalement aveugle à la suite d'une opération chirurgicale contre la myopie.

D'une voix calme, ce survivant de l'horreur a relaté sa descente au micro de Dario Arizmendi, directeur de Radio Caracol :

"Peu avant 09H00 (15H00 GMT, ndlr), un collègue du bureau, au 71ème étage, s'est brusquement écrié : 'Mais qu'est-ce qu'il fait là, cet avion ?'. Quelques secondes plus tard, une violente explosion secoue l'immeuble. La tour se met à danser".

"Mon chien, Tops, ne cesse alors de sortir du bureau et de revenir se frotter contre mes jambes, hyper inquiet, sans un seul aboiement".

"Je comprends qu'il m'invite à sortir. Nous arrivons aux ascenseurs. Ils sont bloqués. Ma chef, Ann, me rejoint, et me conduit aux escaliers de secours".

"C'est le chaos complet. Une foule d'employés se bousculent devant la porte. On y arrive. Tops dans mes jambes, agrippé au bras d'Ann, l'autre main sur la rampe, je descends aisément les deux premiers étages".

"Puis, c'est la pagaïe totale. La fumée envahit l'espace. L'eau et le kérosène dégoulinent dans nos jambes. Ca empeste le carburant. Les pompiers montent maintenant vers le sommet. On ne fait plus qu'une seule file sur la gauche pour leur laisser le passage".

"On n'avance plus qu'au pas. On descend trois ou quatre marches, puis l'on doit s'arrêter de dix à quinze secondes. On glisse, Tops dérape, je m'accroche de plus belle à Ann".

"Et nous reprenons notre plongée au ralenti. Je n'arrête pas de penser à ma femme Sonia, à mes trois filles, Elizet, Andrea, Erika, à ma mère, et je prie Dieu de nous sortir de là".

"Je suis persuadé de l'écroulement imminent de la tour. Elle tremble. Les gravats nous tombent sur la tête, l'escalier se déglingue, l'eau nous monte au-dessus des chevilles. Cette fois, seul Dieu peut nous tirer de l'enfer".

"Dans les derniers étages, c'est de plus en plus dur. Des morceaux de toit nous tombent sur la tête, les débris de verre et de métal jonchent le sol, mais Tops ne dit toujours rien, pas plus que nous".

"Ouf, nous voici dehors. Les secouristes nous conduisent dans un centre commercial entre les deux tours. Nous nous croyons déjà sains et saufs. Soudain les murs commencent à trembler".

"Alors nous voilà partis à toute allure vers la porte 5. Sans nous retourner, on court, on court, on court, au moins vingt blocs. Quand on finit par s'arrêter, à bout de souffle, on regarde enfin en arrière. La tour finit de s'écrouler comme un château de cartes".

Ann tente en vain de joindre, sur son téléphone portable, nos collègues encore là-haut. Tops est à mes côtés. Il a couru à mes côtés sans aboyer une seule fois".

jt/cal tf



Dernière mise à jour de cette page :  14 septembre 2001


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

Aucune éphéméride en déficience visuelle pour aujourd'hui.

Saviez-vous que :

C'est à la foire de Saint-Ovide (France), en septembre 1771, que Valentin Haüy vit des aveugles faire les clowns sous les quolibets et les rires de la foule. La vue de ces hommes impuissants, dégradés et ridiculisés le choqua profondément. Cet incident fut à l'origine de la campagne qu'il mena pour fonder ce qui fut la première école au monde réservée aux aveugles.

TyphloPensée

« La fortune est aveugle et l'argent n'a pas d'odeur, disent des communs proverbes. C'est pourquoi les financiers s'efforcent de perfectionner le toucher. »

Paul Laffitte - Jéroboam ou la finance sans méningite

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

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