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Première canadienne au CHUM Des aveugles retrouvent la vue

Quatre cannes blanches.

Dimanche 17 décembre 2017 à 08:59:13 HnE

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Une page de livre pour enfant réalisée sur du papier SwellTouch (thermogonflage). Procédé par lequel l'encre prend du relief lorsqu'on applique une chaleur.





Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / Première canadienne au CHUM Des aveugles retrouvent la vue

11 décembre 2008

Le Devoir
LES ACTUALITÉS, jeudi 11 décembre 2008, p. a3

Première canadienne au CHUM
Des aveugles retrouvent la vue
Une ophtamologiste utilise une technique développée à l'université Harvard pour ramener ses patients à la lumière

Gervais, Lisa-Marie

Redonner la vue à ceux qui l'ont perdue. Voilà le petit miracle qu'il est désormais possible d'accomplir au département d'ophtalmologie du CHUM, devenu depuis peu le premier et le seul centre hospitalier au Canada pouvant implanter la kératoprothèse Boston chez des patients aveugles ou atteints de cécité sévère. Importée de l'université Harvard, au Massachusetts, où l'ophtalmologiste du CHUM Mona Harissi-Dagher est allée en formation, la technique consiste à fixer la kératoprothèse, une sorte de minuscule fenêtre ronde de plastique, à une cornée qu'on greffera ensuite à l'oeil.

Au terme de cette chirurgie d'à peine deux heures en anesthésie locale, la vue du patient s'améliore significativement en moins de 24 heures. «J'ai opéré plus d'une douzaine de patients, et tous avec succès», a souligné la Dre Harissi-Dagher. «C'est impressionnant. La survie à long terme de la kératoprothèse dans l'oeil est de 100 %», a-t-elle ajouté. Certaines conditions sont toutefois requises pour pouvoir recevoir cette greffe spéciale, notamment avoir une rétine fonctionnelle et un nerf optique en bon état.

D'aveugles à voyants

L'entrepreneur Michel Jetté faisait partie de ces heureux élus. «C'est le bonheur d'une vie», a-t-il murmuré, la voix brisée par l'émotion. «Je vois maintenant les détails, les couleurs. C'est comme de passer de tableaux du Moyen Âge, plutôt noirs et obscurs, à ceux de la Renaissance, avec des couleurs extraordinaires», a-t-il poursuivi. M. Jetté était atteint de cécité légale depuis l'âge de deux ans. Une sévère maladie infectieuse, qui aurait pu avoir raison de lui, lui avait alors sérieusement endommagé la vue. S'il a pu terminer ses études secondaires, il a par contre dû faire ses études universitaires grâce à des appareils grossissant les caractères de l'Institut Louis-Braille. Des problèmes de sécheresse de l'oeil pouvaient l'empêcher de voir pendant plusieurs jours. En 60 ans, cet homme originaire de Montréal a subi pas moins de 13 greffes de cornée. Aujourd'hui, il peut enfin voir sans aide grâce à une opération à l'oeil droit. Sa vue lui permettrait même légalement de conduire. «Je ne suis pas reposant. Dans les allées du centre commercial, je lis tout ce que je vois, a-t-il lancé en riant. Je suis comme mon petit-fils de cinq ans qui lit les boîtes de céréales!»

Le même enchantement se lit désormais dans les yeux de Caroll Savard. Ce mécanicien d'entretien d'une papeterie de Saint-Félicien a perdu la vue à la suite d'un accident survenu il y a 27 ans, au tout début des années 80. «J'ai été brûlé sur 20 % de la surface du corps. Mes yeux n'y ont pas échappé. Je me suis mis à voir tout jaune», s'est-il rappelé. Jeune ouvrier de 30 ans, il a dû arrêter de travailler, déménager à Québec et recevoir des prestations de la CSST. «Je n'allais pas retourner travailler. Ça m'a pris six ans pour faire mon deuil», a-t-il souligné. Ses dix interventions, dont cinq greffes de cornée, n'ont donné que des résultats partiels qui s'estompaient après coup. Vers la fin, il se cognait partout et ne voyait presque plus les couleurs. «C'est vraiment merveilleux. J'ai revu le visage de mes enfants. Ça faisait dix ans que je ne les voyais plus vraiment», a-t-il dit.

Besoins de donneurs

Michel Jetté savait que la technologie allait un jour permettre un tel miracle. «On y est maintenant», a-t-il lancé. «Mais c'est un bonheur qui est possible grâce à des médecins prévoyants», a-t-il tenu à préciser. Et bien sûr grâce aux donneurs de cornée, qui se font rares, a rappelé la Dre Harissi-Dagher. «Quand on a des listes d'attente de trois-quatre ans pour des donneurs de cornée, oui, on peut parler de pénurie», a-t-elle affirmé. Selon l'ophtalmologiste, il y aurait actuellement plusieurs centaines de patients en attente de cornées afin de se faire greffer la kératoprothèse. Mais le téléphone ne sonne que très rarement de sorte qu'au mieux, il pourrait s'effectuer 20 greffes par année. «J'ai deux collègues qui ont chacun 128 patients en attente. Ils souffrent et leur vue se détériore de jour en jour», a noté cette professeure au département d'ophtalmologie de l'Université de Montréal, qui a suivi ses études de médecine à McGill.

S'il est difficile de chiffrer exactement le nombre de patients qui se qualifient pour une greffe et qui attendent toujours, elle assure qu'elle ne chômera pas. Des patients venus d'aussi loin que de Nouvelle-Écosse et de l'Ontario sont venus se faire opérer ici. «Mais c'est une chirurgie qui peut se faire par d'autres chirurgiens cornéens que je vais former», a-t-elle indiqué.

Homologuée depuis 1992 par la FDA, l'agence américaine des produits alimentaires et pharmaceutiques, la kératoprothèse a été implantée pour la première fois au Canada en octobre dernier. Coûtant entre 3000 $ et 4000 $, la prothèse est offerte gratuitement au patient grâce à la Fondation du CHUM tandis que la chirurgie oculaire est couverte par la RAMQ.



Dernière mise à jour de cette page :  11 décembre 2008


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

En ce 17 décembre de l'an de grâce 2004. Québec : Sanction de la Loi numéro 56, loi assurant l'exercice des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale.

Saviez-vous que :

François Lesieur fut le premier élève de Valentin Haüy en 1784. Mendiant de seize ans et aveugle de presque la naissance, il hantait quotidiennement le porche de l'église de Saint-Germain. Valentin Haüy lui offrit un toit et ses premières leçons. Finalement, après 13 ans de travail acharné, Haüy réalisait une partie de son rêve soit de permettre aux personnes aveugles d'obtenir une instruction au même titre que les autre citoyens de son pays.

TyphloPensée

« L'accès à la communication à son sens le plus large est accès à la connaissance, et c'est d'une importance vitale pour nous si nous ne voulons pas continuer à être méprisé ou sous la tutelle condescendante des personnes voyantes. Nous n'avons besoin ni de pitié, ni de nous faire rappeler notre vulnérabilité. Nous devons être traités en égaux - et la communication est ce qui le permettra. »

Propos attribués à Louis Braille (Tiré de l'ouvrage : Louis Braille - L'inventeur du langage qui permit aux aveugles de lire par Beverley Birch.)

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

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