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Glaucome: des chercheurs découvrent quatre facteurs de risque

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Le Typhlophile / Glaucome: des chercheurs découvrent quatre facteurs de risque

25 juin 2007

Le Devoir
LES ACTUALITÉS, samedi 23 juin 2007, p. a4

Glaucome: des chercheurs découvrent quatre facteurs de risque.
Gravel, Pauline.

Maladie sournoise, le glaucome progresse à un rythme imprévisible chez certains patients, et ce, en dépit d'un traitement visant à diminuer la pression intraoculaire. Une vaste étude pancanadienne vient de mettre en évidence quatre facteurs de risque susceptibles de prédire l'évolution de cette pathologie et d'en permettre un meilleur contrôle.

Sournois en effet, le glaucome à angle ouvert - la forme la plus courante, qui affecte près de 250 000 Canadiens - endommage le nerf optique sans que la personne atteinte soit alertée par un quelconque symptôme. «Les patients ne perçoivent pas la haute pression intraoculaire qui caractérise cette maladie. S'ils la ressentent, c'est qu'il s'agit d'une autre forme de glaucome», précise le Dr Balwantray Chauhan, directeur de la recherche au département d'ophtalmologie et de sciences visuelles de l'université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse, et principal chercheur de l'étude canadienne.

La maladie est souvent découverte par hasard lors d'un examen de la vue ou au moment où une perte de vision - permanente - est constatée. «De façon typique, la maladie est détectée entre l'âge de 60 et 70 ans. Mais il est clair qu'elle a débuté des décennies plus tôt, poursuit l'ophtalmologiste. À mesure que les personnes prennent de l'âge, elles ont tendance à consulter plus fréquemment le médecin, notamment pour changer leurs lunettes. C'est pourquoi on les découvre souvent par hasard à cet âge plus avancé.»

Cette étude, dont on révélait les résultats à Montréal dans le cadre du congrès annuel de la Société canadienne d'ophtalmologie, a porté sur 258 patients qui ont été suivis de 1994 à 2005 par des ophtalmologistes liés aux centres hospitaliers de l'Université de Montréal, de McGill et des universités de Dalhousie, de Toronto et de la Colombie-Britannique. Cette étude unique a mis en évidence quatre facteurs qui devraient permettre d'identifier les personnes qui, malgré un traitement fructueux destiné à diminuer leur pression intraoculaire (PIO) - souvent trop élevée chez les glaucomateux -, continuent de voir l'état de leur nerf optique se détériorer.

Même si tous les patients enrôlés dans cette étude étaient traités efficacement pour diminuer leur PIO, celle-ci est néanmoins apparue comme un facteur très important permettant de prédire quels patients verront leur nerf optique continuer de subir des dommages et leur glaucome continuer de s'aggraver. «Nous avons été très surpris de constater qu'une élévation d'un millimètre de mercure de la PIO résultait en une augmentation de 20 % du taux de progression de la maladie. Nous savions que la PIO est importante, mais pas à ce point», a déclaré le Dr Chauhan.

Secundo, les femmes sont deux fois plus à risque que les hommes de voir leur glaucome empirer. Tertio, plus le patient est vieux, plus grand sera le risque que son glaucome poursuive sa progression. Plus précisément, les risques de détérioration s'accroissent de 4 % par année. «Compte tenu du fait que le glaucome est une maladie associée à l'âge, ce résultat n'est pas très surprenant», commente le chercheur.

Ultimo, les analyses sanguines effectuées au cours de l'étude ont permis de découvrir qu'un anticorps dirigé contre une substance appelée cardiolipine permet jusqu'à un certain point de prédire l'évolution de la maladie. Cet anticorps est particulièrement abondant chez les patients souffrant de thromboses (c'est-à-dire de problèmes de coagulation sanguine menant à la formation de caillots dans les vaisseaux ou dans les cavités du coeur), atteints d'une maladie auto-immune comme le lupus ou qui ont été victimes d'un infarctus ou d'une fausse couche. «Cet anticorps est présent dans une foule de maladies, souligne le Dr Chauhan. Mais on ne sait pas s'il fait son apparition précédemment ou consécutivement à l'événement ou à l'établissement de la maladie. Nous ne savons pas s'il est la cause ou l'effet.» Ce qui a grandement étonné les chercheurs, c'est que les patients qui avaient ces anticorps dans leur circulation sanguine étaient quatre fois plus susceptibles de subir une progression de la maladie que ceux qui en étaient exempts. «Mais ces patients [présentant les fameux anticorps] étaient en nombre restreint, ne comptant que pour moins de 10 % des participants de l'étude, a dit le Dr Chauhan. Il faut demeurer prudent, car le fait qu'un patient ne présente pas d'anticorps anticardiolipine ne signifie pas que son glaucome ne progressera pas. Par contre, s'il en a, il est très probable que sa maladie poursuivra son évolution. Cette observation est intrigante et nous incitera à pousser nos recherches dans cette voie afin de mieux comprendre le lien entre cet anticorps et le glaucome.»

L'étude a par ailleurs permis d'éliminer plusieurs facteurs, comme le diabète, l'hypertension ou les maladies cardiovasculaires, qui ne prédisposent pas davantage à l'évolution du glaucome.

«Le principal message à transmettre, c'est que même si la PIO est bien contrôlée et parfaitement normale, elle peut néanmoins s'élever légèrement si vous oubliez de mettre vos gouttes ou si vous les prenez un jour sur deux, par exemple. Or une légère augmentation de la PIO d'à peine un millimètre de mercure peut causer beaucoup de dommages. De même, si votre ophtalmologiste vous rassure en vous disant que votre PIO est bonne, cela ne veut pas dire que vous pouvez arrêter de mettre vos gouttes. Notre étude souligne qu'il est essentiel d'appliquer à la lettre la médication prescrite», conclut le chercheur.



Dernière mise à jour de cette page :  25 juin 2007


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

En ce 17 décembre de l'an de grâce 2004. Québec : Sanction de la Loi numéro 56, loi assurant l'exercice des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale.

Saviez-vous que :

Louis Braille naquit le 4 janvier 1809 à Coupvray, petit village agricole de la banlieue Est de Paris. Il mourut à Paris, à l'âge de 43 ans, le 6 janvier 1852. C'est vers 1825 qu'il mit au point l'alphabeth qui, déshormais, porte son nom. Aujourd'hui encore, il est utilisé comme système de lecture et d'écriture par les aveugles du monde entier.

TyphloPensée

« La piété est tout aussi aveugle que l'amour et les autres passions. »

Pierre Karch - Jeux de patience

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

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