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Historique des répétiteurs de feux piétons

Quatre cannes blanches.

Lundi 11 décembre 2017 à 08:25:03 HnE

Tournois d'échecs pour déficients visuels

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Photographie de mains lisant le braille.
Le braille est le système de lecture et d'écriture pour les aveugles inventé par Louis Braille au début du XIXe siècle.





Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / LaCriée : Historique des répétiteurs de feux piétons

3 décembre 2003

Je ne reviendrai pas sur les anciens systèmes qui ont eu le mérite de faire de leur mieux quand les technologies actuelles n'étaient pas encore au point.

C'est quand ces technologies de l'électronique ont pu être appliquées avec un coût supportable qu'un chercheur a mis au point, avec avis de personnes aveugles, un système délivrant des messages parlés sur les deux phases du feu piétons activé par télécommande radio.

En 1985, personne ne s'intéressait à ce produit qui fut expérimenté à VILLEURBANNE, près de l'école pour déficients visuels. Satisfaction des utilisateurs.

Certaines villes comme REIMS, adopte ces répétiteurs pour une meilleure sécurité de la circulation des aveugles.

1997, un décret est rédigé par le ministère de l'équipement et des transports, mais doit être co-signé par le ministre et Mme Martine AUBRY. On apprend donc que les répétiteurs de feux piétons devront devenir à terme obligatoires. Il ne sera en fait signé qu'en août 1999.

Début 1998, un groupe de cinq personnes dont certaines font partie du COLITRAH et qui représentent cinq associations différentes, fait paraître en février, dans le journal ''la lettre des techniques municipales'' un article dans lequel il invite les villes à ne plus faire d'équipements pour les aveugles sans son avis. Une association du Havre m'adresse ce document en me demandant d'agir.

Je lance donc l'information en enregistrant l'article, le nom des signataires et les sources de l'info et je diffuse une trentaine de cassettes qui tournent. Un grand nombre de personnes handicapées réagissent. Courriers à Madame BACHELIER, en charge alors du COLITRAH, tellement virulents qu'elle réagit en refusant de cautionner les déclarations de ce groupe qui se fera appeler Accès à la Cité aux Personnes Aveugles ou Malvoyantes (ACPAM) et qui plus tard, sous l'initiative de M. GANTET, deviendra le groupe accessibilité du CNPSAA.

Trois événements arrivent simultanément ou presque. Une entreprise est créée ACCESSIVILLE qui commercialise des répétiteurs sonores et tactiles (bornes vibrantes). Les répétiteurs sonores sont la copie des précédents fabriqués par E. O. Guidage mais avec une fréquence radio différente et une technologie moins performante puisque les répétiteurs de cette firme, achetés par la ville de LYON, auront des problèmes importants (message vert sur la phase rouge) et actuellement à peine la moitié fonctionnent encore. Curieusement le vendeur de cette société fait partie de la commission accessibilité de la ville.

Un deuxième événement à lieu, Madame DEJEAMMES est désignée, au CERTU (Centre d'Etude sur les Réseaux, les Transports, l'Urbanisme et les constructions) pour s'occuper du problème des répétiteurs. Elle éditera en 2000 une note technique dans laquelle elle fait la publicité pour les produits Accessiville. Cette notice sera adressée à 300 villes aux frais des contribuables alors qu 'elle sera considérée plus tard comme un texte interne. Cette notice ne comportera aucune signature. Le CERTU à son siège à LYON.

Et le troisième est passé inaperçu. Un nouveau directeur général arrive dans une entreprise de la banlieue lyonnaise qui travaille dans la voirie urbaine et routière. Curieusement ce directeur devient le gérant de deux sociétés ayant la même adresse en banlieue sud. L'une de ses sociétés est en situation de faillite permanente, elle n'a que des déficits et j'apprends de source sûre qu'elle fabrique les répétiteurs sonores vendus par la société Accessiville. L'affaire est bien montée, il n'est pas possible de vendre à perte, mais il est possible de fabriquer à perte. Subtilité !

Je suis alors convoqué pour participer au groupe d'étude de la norme des répétiteurs prévus au décret 99-786 du 31 août 1999. Mais rapidement je me rends compte que Mme DEJEAMMES a pour mission de m'empêcher de m'exprimer alors que le représentant d'Accessiville s'en prend à moi en pleine séance sans qu'elle intervienne. Pas de problème, à la seconde séance je viens avec quatre amis non ou mal voyants qui ne seront pas tendres avec les fonctionnaires du ministère tout au long des séances.

Comme j'ai écrit que les aveugles préféraient le système E. O. Guidage, Monsieur POINSIGNON, vendeur et actionnaire d'Accessiville m'assigne en référé au tribunal d'Annecy fin 1999. Il sera débouté de sa demande sans même que je me présente à l'audience. Il fera appel mais renoncera à la dernière minute. Pas très courageux. Il m'avait proposé, avant une réunion du groupe qui se déroulait porte de Versailles, de retirer son appel si j'écrivais que le système Accessiville était meilleur qu'E. O. Guidage. Naïf ?

Il y a eu aussi la manifestation à l'Arche de la Défense. Nous avons été écoutés mais pas entendus. Cette manif à eu pour effet de faire désigner Monsieur MOREAU de SAINT MARTIN pour faire un audit sur la question. Il a remarquablement bien travaillé, mais ses conclusions n'étant pas dans le sens souhaité par le CERTU, elles sont restées ignorées.

À ce moment de l'étude, Mme DEJAMMES voulait un message codé sur la phase vert piétons et le silence sur le rouge. Le codé prétendait-elle serait mieux compris par les étrangers circulant en France. a quoi j'ai répondu qu'un aveugle qui ne connais pas la langue d'un pays ne peut s'y promener seul, il n'y a pas que les rues à traverser. Elle était cautionnée en cela par M. AYMOND représentant de l'APAM (Association pour Aveugles et Malvoyants) entreprise de formation et non une association d'aveugles et bien entendu M GANTET de l 'entreprise Paul GUINOT masquée sous l'appellation d ''association''. Toutes les deux trouvant leurs clients parmi les aveugles et les conditionnant pour être obligés d'avoir recours à leurs services. M. AYMOND a déclaré, lors d'une réunion du groupe d'étude que les messages codés-parlés nécessiteraient une formation particulière. Le tout-parlé n'en nécessite pas, d'où manque à gagner pour les entreprises vivant de la cécité.

Après la manifestation pendant laquelle le groupe a écouté des aveugles présents, une nouvelle direction a été prise. Un message codé spécifique sur le vert piétons et le message parlé ''Rouge piétons'' au début de la phase rouge. Accessoirement, une information spécifique peut être ajoutée pour faciliter la traversée.

Curieux ce changement d'option ? Pas tant que cela.

Paris avait alors équipé des traversées en E. O. Guidage en ''parlé'' aux alentours des Quinze-Vingts sur l'initiative du Maire du moment M. PERNIN. Puis avait équipé la rue de Rivoli avec du codé vert et silence rouge.

L'arrivée des socialistes et des verts à la mairie de Paris a amené Mme KOMITES à réunir les associations pour savoir ce que les aveugles voulaient ; cette consultation est prévue dans la circulaire interministérielle 2000-51 du 23 juin 2000. Malgré la demande de répétiteurs à messages parlés, M. BOUAKKAZ a déclaré que c'était lui qui prendrait la décision finale. Ami de M. GANTET, on ne pouvait s'attendre à ce que ce socialiste applique la décision démocratiquement. C'est une volonté de l'impérialisme cynique qui agit au détriment de la sécurité des handicapés. Nous nous en souviendrons le moment venu.

Après un marché public plus ou moins curieux la ville de Paris achète des répétiteurs à E. O. Guidage au système codé vert et parlé rouge piétons et les télécommandes au repreneur d'Accessiville qui a été vendue entre temps. Les messages sont conformes à l'arrêté du 8 avril 2002. Un mot sur cet arrêté : le gouvernement Jospin vivait ses derniers instants et les technocrates du ministère ont fait passer à la signature de Mme MASSIN, alors déléguée interministérielle à la sécurité routière, le texte prévoyant les messages ''codé vert-parlé rouge'' par voie réglementaire puisqu'ils ne pouvaient passer par une norme. Je ne suis pas certain que le texte était dans la liasse soumise à sa signature, car deux semaines avant Mme MASSIN écrivait à une association que seuls les messages parlés seraient retenus. Et lorsque j'ai produit une copie de cette lettre au groupe de travail, la responsable du BNEVT est partie précipitamment de la salle avec la lettre. C'est elle qui avait mis le texte de l'arrêté à la signature.

Lors de cette réunion, un incident a mis en colère un technicien d'une ville équipée en messages parlés. Il a reproché à Mme DEJAMMES de n'avoir jamais fait le moindre essai des répétiteurs E. O. et de les condamner sans les connaître. Il l'a accusé de partialité ce que tous les aveugles présents ont approuvé. Mme DEJEAMMES a quitté la salle en pleurs.. immédiatement suivie de M. POINSIGNON qui est aller la consoler.

Lors de la dernière réunion au ministère le représentant du CERTU a admis la difficulté d'équiper un carrefour complexe avec du codé. Le responsable du BNEVT nous a trouver une astuce pour assurer l'exclusivité du message codé. Une baudruche que j'ai rapidement dégonflée. Le dépôt du message à la SACEM ne peut assurer l'exclusivité puisqu'il est possible à tout le monde de copier une ouvre pour son usage personnel et peut mettre le message comme sonnerie de son portable.

Et maintenant, alors que le CERTU ne sait pas comment on peut équiper un carrefour ou une traversée complexe avec du codé vert et du parlé rouge, il prétend mettre deux messages codés différents. Il faudra ainsi ces deux messages simultanés sur le même poteau de l'îlot central lors d'une traversée en deux temps. C'est le summum de l'absurdité.

Pas tant que ça. En analysant l'attitude des divers protagonistes du CERTU on constate une constante : ralentir le processus d'installation des répétiteurs.

Mais pourquoi me direz-vous ?

Il faut revenir en 1998, l'ACPAM déclarait qu'il fallait empêcher le fabricant d'E. O Guidage de vendre son matériel et avait fait publier son article dans la lettre des techniques municipales. En arrêtant ses activités ils pensaient mettre en péril l'entreprise qui serait alors rachetée avec son savoir-faire. C'était simple si.... Si les aveugles avaient laissé faire. Mais ils se sont dressés contre les menées douteuses de ce groupuscule.

Le CERTU a été obligé de relancer le processus d'étude de la norme puisque le décret y faisait référence. En exigeant le codé à la place du parlé, il pensait gêner le fabricant. Mais celui-ci sait faire les deux systèmes et sa technologie est très avancée et fiable. Il peut donc vendre les deux systèmes indifféremment Alors il faut mettre les villes dans l'embarras afin que les hésitations nuisent aux commandes et de ce fait à l'activité d'E. O. Guidage qui diminuerait.

Un autre événement vient corroborer cette constatation : des ''essais'' viennent d'être fait par Mme DEJEAMMES du CERTU pour expérimenter les bandes d'éveil de vigilance et curieusement les produits fabriqués par E. O. privilégiés par les utilisateurs aveugles n'étaient pas dans cette ''expérimentation''. Curieux ?

Mais nous sommes là pour rappeler les erreurs de l'arrêté du 8 avril 2002 et agir désormais contre le CERTU. Il faut nous concerter pour avoir une action commune et massive aussi bien individuelle que par les associations conscientes du problème. Je sais qui est derrière ce stratagème, j'ai suffisamment d'informations pour faire crever l'abcès. Nous devons exiger une enquête sur les agissements de ce service du ministère de l'équipement.

On ne me fera pas croire à l'incompétence de M DAMAS qui vient de lancer cette nouvelle idée parce qu'il a entendu un système semblable quelque part en Europe et que ça lui a plu. Faux, il est plus intelligent que ça ! Il en a fait un prétexte qui va à l'encontre de ce qu'il a déclaré lors de la réunion du 2 juin dernier lorsqu'on a abordé le cas des traversées complexe. Peut-être a-t-il eu un rappel à l'ordre des commanditaires du CERTU. Sa mission, comme celle de Mme DEJAMMES qui l'a précédé n'était pas de trouver une solution puisque tout le monde la connaissait, mais bien justement de l'entraver. Mais comment les technocrates feront-ils pour convaincre que les dispositions qu'ils ont défendues depuis quatre ans n'étaient pas les bonnes ? Ou ils se considèrent comme des guignols ou ils prennent les citoyens français pour des imbéciles.

À nous de jouer maintenant.

Jean GRIZAUD
Courriel : grezaudduerne@wanadoo.fr


LaCriée, liste de distribution d'information générale concernant les déficients visuels est membre du partenariat de groupes consacrés à la déficience visuelle.

Pour recevoir dans votre boîte aux lettres ces derniers, lors de leur diffusion, envoyer un courriel à : lacriee-abonnement@yahoogroupes.fr.

 


Dernière mise à jour de cette page :  3 décembre 2003


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

En ce 11 décembre de l'an de grâce 2004. France une première : une personne handicapée visuelle obtient le brevet national de moniteur des premiers secours. (BNMPS).

Saviez-vous que :

Au Québec, le nombre de jeunes handicapés visuels âgés de 5 à 21 ans est estimé, dans certains programmes gouvernementaux, à 5135 individus.

TyphloPensée

« Il est bon quelquefois de s'aveugler soi-même. Et bien souvent l'erreur est le bonheur suprême. »

Destouches

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

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