Vous consultez : Le Typhlophile / LaCriée : AVH Nouvelle Calédonie - Bulletin N° 3 - Novembre 2002
Accès au contenu | Accès au au menu | Touches d'accès rapide du site

AVH Nouvelle Calédonie - Bulletin N° 3 - Novembre 2002

Quatre cannes blanches.

Jeudi 19 septembre 2019 à 07:19:15 HaE

Tournois d'échecs pour déficients visuels

Chercher sur le site

Interroger Google

Logo de Google.


Photographie de l'afficheur braille Navigator.
Cet appareil est de moins en moins en usage. Le Navigator a été commercialisé durant les années 1990 par TSI aux États-Unis. Il permet aux aveugles d'accéder au contenu de l'écran de l'ordinateur.





Partager la page sur Facebook

Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / LaCriée : AVH Nouvelle Calédonie - Bulletin N° 3 - Novembre 2002

29 novembre 2002

J'ai le plaisir de vous transmettre ci-dessous, en texte brut, notre dernier bulletin de l'année.

Je vous en souhaite bonne réception, et si vous avez des commentaires ou suggestions à nous faire, n'hésitez pas, nous sommes preneurs.

Bonne lecture et à bientôt.

Amicalement.

Claudine

______________________________

Association Valentin Haüy pour le bien des Aveugles - Comité de Nouvelle-Calédonie

38, Rue Taragnat - Vallée des Colons - BP 3739 - NOUMEA-CEDEX
Tél/Fax : 24.11.15 - Adresse E-mail : avhnc@lagoon.nc

Bulletin de liaison
du comité local de Nouvelle-Calédonie de
l'Association Valentin Haüy pour le bien des aveugles
Numéro 3 - Novembre 2002 - Gratuit

EDITO du PRESIDENT

Après une quinzaine de jours d'absence, je suis très heureux de voir que l'équipe de nos journalistes en herbe est plus dynamique et motivée que jamais, puisque les articles foisonnent, aussi intéressants les uns que les autres. Pendant mon séjour en métropole, j'ai pu visiter le centre AVH de Toulouse et rencontrer son Président M. Jean Bouillaud, rencontre riche en enseignements sur leur fonctionnement exemplaire.

J'espère que nous pourrons à l'avenir tisser des liens avec ce comité local du Sud-Ouest de la France, ce qui devrait nous aider dans nos projets futurs (réaménagement de la cuisine, instruction à la locomotion, etc...). Je vous souhaite une bonne lecture de ce nouveau bulletin que nous tenons éventuellement à votre disposition sous forme de fichier texte (à la demande) par mail. J'espère qu'il suscitera des vocations et nous apportera la visite de nouveaux volontaires bénévoles dont nous avons bien besoin pour le fonctionnement de notre centre occupationnel.

Jean-Marc Desvals - Président AVH 2002

TEMOIGNAGES

Sophie, la fille de Viviane témoigne : Je me souviens de ce début de soirée lorsque maman est revenue de chez son médecin. Depuis quelques mois, maman ne pouvait plus conduire la nuit, avait du mal à se diriger dans les tunnels. La nouvelle de sa maladie n'a pas été un choc dans le sens ou cela est arrivé progressivement. Je me souviens avoir pensé " ce n'est pas curable mais au moins ce n'est pas fatal comme certains cancers, je ne vais pas la perdre". Peu de temps après je suis partie de la maison pour l'Angleterre, me suis mariée et suis allée vivre en Nouvelle-Zélande. Etant si loin de maman je n'ai pas vraiment pu voir au quotidien les conséquences de cette maladie, mais je pouvais imaginer, d'après ce qu'elle me disait, les difficultés qu'elle rencontrait, même avec les choses les plus simples, comme lire ou écrire. Je me suis surtout inquiétée de son état psychologique et émotionnel sachant qu'il y aurait une période difficile avec l'acceptation de la maladie qui peut passer par une phase de dépression et de frustration. Pour ma part j'ai ressenti de la tristesse, et encore aujourd'hui j'ai de la peine de savoir ce qu'elle endure, et de la peine vis à vis de ce qu'elle ne peut pas faire avec ma fille de deux ans. Une chose que maman a toujours voulu faire avec ses petits-enfants, est de leur lire des contes étant elle-même une passionnée de lecture. a la place maman chante des comptines à Emilie et lui apprend des mots en français. Toutefois je suis impressionnée par sa facilité d'adaptation à cette situation et le fait qu'elle n'ait pas perdu la vue complètement lui permet d'avoir une vie relativement normale. C'est très rare qu'elle demande de l'aide et elle peut garder une certaine indépendance dans le quotidien, ce qui me rassure. Après une période difficile, maman est aujourd'hui heureuse, appréciant la vie dans cette belle ile du Pacifique. Le désir de s'investir dans des activités culturelles ou autres a toujours été une passion pour maman. Etre membre de l'AVH est certainement d'un grand enrichissement. Lorsque je viens en vacances je réalise que maman a la vie qu'elle souhaite et que son handicap ne l'arrête pas dans ses nombreuses activités intéressantes.

Nelly, je suis née à Bain de Bretagne le 14 octobre 1943. a l'âge de 11 ans alors que nous vivions à Madagascar, mes parents se sont aperçus que j'avais des problèmes de vue.

En 1962 un ophtalmologiste de Nice a découvert que j'avais une cataracte à l'oeil gauche inopérable : c'est ainsi que j'ai perdu la vision de cet oeil. Puis opération en 1998 d'un début de cataracte à l'oeil droit, heureusement, tout s'est bien passé. Malgré mon handicap, je tricote des pulls, des couvertures... Je fréquente l'AVH depuis le 3 janvier 2000, et participe aux différentes activités. Je suis très fière car seule, j'ai assuré la reprographie de notre bulletin, pour me prouver que je peux être utile malgré mon handicap.

Carl, un jeune du Nord - Je suis de Pouébo, de la tribu de Dyawé, et je suis malvoyant de naissance. Cependant, cela ne m'empêche pas d'agir et de vivre comme les autres. Je viens à l'AVH depuis 1999, et j'y ai beaucoup d'amis. L'AVH propose diverses activités : dont le théâtre, le sport, etc... J'apprends aussi le braille avec Johanna. Cela me fait énormément de bien d'avoir toutes ces occupations. a la tribu je vais à la pêche avec mon père, ses amis européens et mes cousins, je fais la pêche à la ligne car c'est difficile pour moi de plonger. Je suis actuellement à la recherche d'un emploi. Je cultive aussi mon champ (taros, manioc, patates douces).

Roland, je suis malvoyant depuis tout petit et c'est arrivé en regardant tout le temps la télévision de trop près. C'est un médecin de l'hôpital Gaston Bourret qui m'a annoncé que j'étais malvoyant. J'ai d'abord été scolarisé à l'école Candide Kock de la Vallée des Colons, ensuite école du Faubourg, puis ai été intégré à la classe spécialisée pour déficients visuels de l'école Fernande Leriche de l'Anse Vata. a 16 ans je suis entré au lycée Pétro Attiti de la Rivière-Salée pour suivre une formation. Mes handicaps ne me permettant pas de suivre les formations proposées, il m'a été conseillé d'intégrer l'A.C.H. de Mont Ravel. L'association Valentin Haüy a ouvert ses portes en mars 1999 pour accueillir les malvoyants et les occuper dans des activités, ce fut aussi là l'occasion pour moi de me faire encore beaucoup plus d'ami(e)s. J'ai commencé à travailler en octobre 2002 en ayant un contrat JSD ( Jeune Stagiaire du Développement ) à la ligue Handisport et sport adapté de Nouvelle - Calédonie. Je joue également au basket sur fauteuil avec handisport.

Chantal, j'ai 40 ans. Je suis malvoyante depuis l'âge de 12 ans, à la suite d'une longue maladie. De longs séjours en réanimation m'ont fait perdre beaucoup de mes facultés intellectuelles. Maintenant je suis à peu près autonome. J'ai un oeil éteint et de l'autre je ne vois qu'un dixième. J'emploie mes journées à la maison où je bricole. Je suis heureuse de vivre avec mes parents qui font beaucoup pour moi. Je suis très contente de fréquenter les Associations où j'apprends beaucoup de choses. J'adore faire du théâtre, des travaux manuels, des promenades, et préparer de bons gâteaux.

Christophe, je suis malvoyant, et souhaite vous faire part dans notre bulletin, de mon expérience de travail de février à novembre 2001 au Haras de Tontouta. J'étais palefrenier, c'est-à-dire nourrir les chevaux, leur donner à boire (un cheval peut boire 50/60 litres par jour), nettoyage quotidien des boxes, les résidus étant mis en tas pour faire de l'engrais, étalage de copeaux de bois afin d'éviter que le cheval ne se blesse. J'aidais également le maréchal ferrant dans la pose d'un nouveau fer, et m'assurer que le cheval n'était pas gêné dans sa marche. Nous devions assurer également une propreté parfaite des dalles et caniveaux afin de présenter aux clients une vision très agréable des lieux. Nous étions trois personnes pour accomplir ces diverses tâches, et il y avait cent chevaux.

Je pensais avoir une embauche définitive, malheureusement ce ne fut pas le cas. Je souhaiterais tant travailler dans cette branche, en harmonie avec les animaux. Pour mes déplacements, je ne rencontre pas de difficultés. Mes parents m'ont toujours soutenu et m'aident afin de pouvoir me débrouiller dans la vie active.

La pâtisserie - par Johanna.

Comment vous exprimer le plaisir de confectionner un gâteau soi-même quand on ne voit pas. Il n'est pas évident, seule, de doser les ingrédients, car il faut des proportions précises. On se repère à la mesure du doigt, c'est-à-dire qu'il faut que le verre ne soit pas trop plein. Comme exemple une cuillerée à soupe rase de farine c'est 30 grammes ! et une cuillerée à soupe rase de sucre c'est 20 grammes. Vous dire que j'en mets partout !! Je précise que le rangement des ingrédients est aussi primordial en ce qui concerne le repérage dans l'espace. Le mixer est pratique pour faire notre gâteau.

La natation - par Johanna

Il est très important de nager quand on ne voit pas pour plusieurs raisons : se sentir mobile et légère quand on est dans l'eau, la résistance dans l'eau est aussi importante surtout quand on court sur place dans l'eau, il y a un courant qui nous propulse vers nous. J'explique : je fais de l'aquagym, et lorsque nous courons autour de la piscine, il se forme un tourbillon qui est difficile à vaincre lorsque nous faisons demi-tour. Mais c'est très agréable et c'est pour cela que ce n'est pas facile de nager contre. Dans l'eau on peut faire travailler tout son corps sans forcer sur les articulations, bras, jambes et aussi on peut même pédaler. Le fait de savoir nager combat notre peur, on se sent souple dans l'eau, et libre également, ce qui nous permet de nous exprimer. Le besoin de nager est aussi primordial quand on a un bateau car on ne peut pas prévoir les accidents. Savoir nager rend fort et nous rassure. Nous pouvons aller sur un lac ou en mer. Comme autre exemple je pourrais donner la plongée sous-marine pour regarder les fonds marins avec un masque et un tuba car il y a des différentes formes de poissons que nous ne connaissons pas. Cela nous permet aussi d'avoir d'autres moyens de transport comme moto marine ou bateau pour aller sur les îles. Il y a des nages plus physiques comme le crawl, la nage indienne, la nage papillon etc. Elles sont excellentes pour muscler le corps. Voilà ce que l'on pouvait apporter comme note de gaieté à propos de la natation.

Une belle promenade - par Johanna

Le dimanche 27 octobre, nous avons passé une journée au parc de la Rivière Bleue. Le soleil était radieux. Nous avons eu la chance de voir des cagous en liberté, une première fois près de notre voiture et ensuite dans le bois. Le cagou est un oiseau qui ne vole pas, et on a l'impression qu'il pousse un grand cri quand il appelle. Nous nous sommes approchés d'un grand arbre qui se nomme le kaori qui est immense. Nous avons vu quelques photos d'oiseaux sur de grands panneaux : par exemple le siffleur calédonien, le rossignol au ventre jaune, etc... c'était fascinant. Après cette balade, nous nous sommes baignés à la rivière. Beaucoup de monde était là. Nos enfants ont ramassé des pierres assez grosses pour les mettre dans leur chambre. Ce fut un agréable moment de détente

Le sport - par Jean-Michel,

Je suis malvoyant de naissance, j'aime le sport en général, mais plus particulièrement le foot-ball. C'est le sport qui me permet de « m'évader » un peu, c'est-à-dire que grâce à lui, j'oublie un instant que je suis handicapé, ce qui fait que j'essaye toujours de me dépenser sans compter pour mon équipe du GJFK (Groupe des Jeunes Footballeurs de Kandja 's) de la Rivière-Salée. Mais je suis obligé de tempérer mes efforts car mes amis me demandent de faire attention lorsque l'on dispute des matches « très physiques ». Vous vous demandez sans doute : mais comment peut-il jouer au foot alors qu'il est sensé ne rien voir ?? Je peux quand même distinguer des choses comme : les formes des joueurs sur le terrain, notamment les couleurs de leur tee-shirt, nous avons nos règles. Aussi la première équipe qui se prend un but est obligée de jouer torse nu jusqu'à la fin du match, c'est-à-dire quand le soleil s'est bien couché et que tout le monde alors qu'il est n'y voit plus rien et si la pelouse est bien verte et que l'on a un nouveau ballon tout blanc, je peux m'en sortir, c'est plus difficile si le terrain n'a pas été tondu ou quand le ballon est dans les airs et qu'il faut l'attaquer de la tête, là je ne m'y risque pas ... je préfère jouer balle à terre. J'ai mon matériel pour pratiquer mon sport favori : des chaussures à crampons, mais surtout une vieille paire de lunettes à laquelle j'ai fixé un élastique qui me serre la nuque, car il arrivait parfois de recevoir le ballon en pleine face (ouille !), je perdais mes lunettes, de même dans les duels physiques. Ce système me permet désormais d'y remédier. Cela va faire maintenant quatre ans que je fréquente le terrain de foot en compagnie des jeunes de mon quartier, je ne vais pas dire que je suis devenu un des meilleurs footballeurs du monde, mais je dois dire qu'en jouant avec ces jeunes « valides », mon niveau de jeu s'est un peu amélioré par rapport au début où dès que je voyais le ballon à portée de pied, je shootais dedans comme une bourrique et tant pis pour le reste ! alors là, ou je ratais le ballon et je tapais dans le pied de mon adversaire, ou j'envoyais mon pied dans le vide pour shooter le parterre. Je vous laisse imaginer, lamentable ! ce qui fait que mon niveau de jeu ne me permettait pas de jouer le rôle du « Zidane » de la bande, je me contentais d'un poste de défenseur latéral car pour moi c'est plus facile d'attendre l'adversaire plutôt que d'aller le chercher. Quand j'y repense, je me dis que je suis bien content d'avoir connu çà, car j'ai pu découvrir la vie d'un groupe, j'étais intégré à un collectif, accepté par ces jeunes comme un membre à part entière de leur équipe malgré mon handicap. Pour finir, je peux dire que le foot-ball est le sport roi dans le monde car il procure à tous ceux qui le pratiquent, valides ou handicapés, d'intenses émotions fortes.

Insertion professionnelle - Travailleurs handicapés

* Jean-Michel - J'ai fini mes études depuis six ans après avoir passé un BEP Secrétariat au Lycée Commercial Escoffier. Depuis, je n'ai toujours pas trouvé un emploi stable comme beaucoup d'autres jeunes de mon âge, ce n'est pas facile, et cela l'est encore plus si vous avez un handicap. Je ne vais pas me lamenter sur mon sort car je sais que d'autres ne sont pas aussi bien lotis que moi, car j'ai une famille qui se préoccupe toujours de moi et qui est toujours là pour me soutenir. C'est aussi le cas avec mes amis du Centre AVH, sans qui je n'en serai pas où j'en suis actuellement. Merci à vous tous pour vos encouragements et vos nombreux témoignages de sympathie. Et depuis le 16 octobre, j'ai trouvé un petit job sympa d'employé de bureau du côté du quartier Latin. Ce n'est pas encore le bout du tunnel ! mais il me faudra assurer un max : je dois faire mes preuves. Un mois d'essai, cinq mois de formation et si tout va bien, croisons les doigts, il pourrait y avoir au bout ce que tout chômeur désire ardemment, avoir un E..S.. CHUT ! Voila, j'ai fini, merci.

* Emolly - Je viens de trouver du travail en tant qu'auxiliaire de vie auprès d'Annabelle, une petite mal-voyante au collège G. Baudoux, et ceci pour une durée de trois mois, à l'essai. Au sein de cet établissement, existe une classe spécialisée dans laquelle Annabelle est intégrée. Elle est aussi élève d'une classe de 6ème normale, avec laquelle elle participe aux cours d'Anglais, de Français, Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), et Histoire/Géographie. Mon rôle consiste à transcrire ses cours en braille, à l'accompagner lors des sorties organisées par la classe spécialisée, en un mot, être ses yeux pour lui lire et raconter tout ce qu'elle ne peut percevoir. Lorsque nous avons du temps libre, nous faisons des maths, du français, et terminons les exercices que les professeurs demandent, enfin ensemble nous revoyons les leçons non assimilées. a part cela tout va bien, les collègues, les professeurs de même que les élèves de ces deux classes de 6ème sont très sympas.

VIE DU CENTRE

EVENEMENTS

HISTORIQUE DE L'AVH
Notre grand Homme, Valentin Haüy - par Michel

Il naît le 13 novembre 1745 dans une famille aisée de tisserands à St Just en Chaussée (Picardie). Il fait ses études à Paris, apprend le grec, le latin, l'hébreu et une dizaine de langues vivantes. Il prend le titre d' interprète du Roi, de l'Amirauté et de l' Hôtel de ville.

Il s'intéresse d'abord aux sourds-muets, puis deux émotions le font se pencher sur le sort des aveugles : sur une avenue, il voit une dizaine d'aveugles de l'hospice des quinze-vingt, vulgairement vêtus, jouant n'importe comment avec des instruments de musique, ce qui amuse les badauds. Il se jure alors d'alphabétiser les aveugles. En mai 1784, à l'Eglise de St Germain des Près, il fait l'aumône à un jeune mendiant aveugle, François Lesueur. Celui-ci lui fait remarquer qu'il lui a donné une pièce de grande valeur et pense que Mr Haüy s'est trompé. Valentin Haüy comprend alors que le toucher peut permettre à un aveugle de distinguer des lettres ou des notes de musique si elles étaient rendues "palpables". Il s'inspire alors de la technique utilisée par les militaires pour lire les messages de nuit en temps de guerre, c'est à dire des lettres en relief. Il fait faire des lettres assez grandes et en les appliquant fortement sur du papier cartonné (gaufrage), il apprend à François Lesueur à lire et à compter. Ce fut un succès qui reçu les encouragements de l'Académie des Sciences. Il enchaîne alors les expériences et parvient à faire travailler des aveugles sur des machines assez complexes (métiers à tisser) et crée "l'Institution des enfants aveugles". Il fonde ensuite une école pour aveugles étrangers appelée " le musée des Aveugles".

Il se rend en Russie, au passage fonde une école à Berlin, puis à la demande du Tsar Alexandre 1er, fonde une école à St Pétersbourg en septembre 1806. Il y restera 11 ans et reviendra en France où il était presque oublié.

Il décède à son domicile du "musée des Aveugles" le 19 mars 1822.

* Marie-Claire est partie en Métropole début octobre 2002. Elle suit Sylvain, son mari qui est en formation pendant 9 mois. « Tamanou » comme l'appelaient les adhérents du Centre, nous manque beaucoup.

* Valérie, est stagiaire à l'AVH depuis deux semaines. Voici ce qu'elle nous dit : J'ai appris énormément de choses, notamment sur le fonctionnement de la structure et le handicap visuel. Heureusement que l'AVH existe, car elle offre aux adhérents différentes activités telles que le dessin, le théâtre... Cela leur permet de ne pas se renfermer sur eux mêmes et d'avoir de nouveaux horizons. a mon avis, cette association est un atout pour la Nouvelle Calédonie. Malheureusement, l'AVH n'est pas assez connue par la population. Moi même, je ne la connaissais pas avant mon stage « ce qui est dommage ». Je pense que si elle était davantage connue, plus de bonnes volontés viendraient de l'extérieur.

* Agnès, Iden, James, Jean-Baptiste, Kevin et Thomas ont participé joyeusement à la soirée « Rollers » organisée par le Conseil Municipal Junior de la Ville de Nouméa le Mercredi 6 novembre. Tous se sont « défoulés » sur la route fermée à la circulation durant cette manifestation et ont été ravis de leur performance.

* L'AVH remercie le Magasin L'Occitane pour le chèque remis à l'Association suite à « l'opération dix francs » qui s'est déroulée le mois d'octobre.

* Deux nouvelles arrivées d'adhérents : Louis et Simone Louis Townsend, j'ai 71 ans, je suis venu pour la première fois à l'AVH, lors de la journée Portes Ouvertes. J'étais avec Marie Paule, la responsable de la pension « La Vie Continue ». J'ai perdu la vue à cause d'un glaucome bi-latéral, mais j'ai toujours l'espoir de retrouver un peu de vision. Jean Marc, le Président de l'AVH m'a exposé les différentes activités proposées. Depuis, je viens régulièrement au centre. Cela me plaît beaucoup car je fais des rencontres, et je participe avec d'autres malvoyants à l'atelier théâtre du vendredi. Simone Adija Martin, 72 ans, malvoyante.

* Les cartes de voeux de l'AVH, imaginées et confectionnées par les adhérents, qui étaient en vente à la journée portes ouvertes, sont disponibles à la demande, directement au Centre, 38, Rue Taragnat, ou par téléphone 24.11.15. Dépêchez-vous, il n'y en aura pas pour tout le monde !

* La fête de fin d'année aura lieu le mercredi 11 décembre 2002 de 14 à 16 Heures, au Centre, 38, Rue Taragnat. Nous comptons sur la présence de tous les déficients visuels qui peuvent se rendre disponibles.

* Sortie culturelle - Quelques malvoyants du Centre se sont rendus à la représentation de la pièce de théâtre « Palace ». Cette pièce est tirée d'une émission de télévision diffusée il y a plusieurs années. Au début de la pièce, les acteurs sont dans la salle et parlent entre eux. Cette histoire se déroule dans un grand palace. Le personnel de l'hôtel raconte sa vie quotidienne. Il y a bien sûr des bons et des mauvais moments. La pièce très humoristique a bien fait rire le public. Sur scène on pouvait entendre plusieurs bruits, par exemple des personnes qui tapaient aux portes, etc... Le décor consistait en un lit, un canapé, deux tables et un comptoir de réceptionniste. Les mouvements des danseuses étaient majestueux, elles étaient habillées d'une jupe noire, d'un corsage blanc et d'un tablier blanc. Le style musical était excellent.

ACTIVITES

L'Atelier Théâtre : par Henriette - Malgré notre désir de jouer en public, sur une scène, la perspective du renvoi au mois de mars de notre première prestation nous a enlevé un poids de trois tonnes de dessus le coeur ! Le stress qui s'appesantissait de jour en jour, a fait place à une délicieuse bouffée d'oxygène. Reculer pour mieux sauter ? oui ! ... c'est promis ! Peaufiner nos reliques, notre présentation et notre élocution, sans oublier surtout la mémorisation, faire ami/ami avec notre stress ... l'apprivoiser ... le juguler ... faute de pouvoir l'éradiquer : impossible ? Notre professeur rejette ce mot ! Il dit qu'il faut le laisser de hors et bien fermer la porte ! On essaie ! on essaie ! Non ! vous n'essayez pas ! vous pouvez rien ! rien n'est impossible Bon ! on veut bien nous, c'est peut-être un petit « dos d'âne » à passer, et après çà va rouler joyeusement. Faut y croire ! Les moments de doute sont usants et déprimants, mais heureusement, comme par miracle, par flash, des mots, des phrases, des idées, des propositions nous arrivent. On peut alors ajouter une ou deux pièces au puzzle, saisissons-là, cramponnons-là ! Et merci à l'AVH sans qui pareille opportunité ne se serait jamais présentée à nous, mal voyants, à qui, du jour au lendemain, plusieurs activités nous étaient retirées. Merci aux cerveaux, aux coeurs et aux mains qui constituent les rouages de l'Association et tâchons de mériter leurs bienfaits tout en profitant du plaisir de donner et de la joie de recevoir.

L'Atelier Culinaire : RECETTES DE CUISINE

Cake au fruits confits

150g de sucre ;
150g de fruits confits ;
250g de farine ;
3 oeufs ;
100g de beurre.
four à 150° ou 160°

Battez les oeufs et le sucre afin d'obtenir une pâte blanche et mousseuse.

Ajoutez la farine et le beurre fondu, puis mettre les fruits confits.

Versez votre pâte dans un moule beurré et fariné.

Gâteau roulé

180g de sucre ;
140g de farine ;
4 oeufs ;
Four à 125°

Dans une terrine, travaillez les oeufs avec le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Ajoutez la farine petit à petit et bien mélanger le tout.

Beurrez et farinez la plaque du four préalablement tapissée d'un papier sulfurisé. Mettez à cuire au four chaud th° 125 pendant 7 à 10 minutes.

Quand le gâteau est cuit, le démoulez sur un torchon propre et humide et roulez-le biscuit immédiatement.

Déroulez et étalez la confiture ou le chocolat avant de l'enrouler de nouveau. Servez saupoudré de sucre glace.

INFOS PRATIQUES

Braille - Nous avons parlé dans notre numéro 1. du concours du poinçon magique. Quelques explications sur ce sujet. Le concours du Poinçon magique est un concours en braille sous forme de dictées. Il se déroule soit en braille abrégé ou en braille intégral dans un temps imparti. C'est un concours qui se déroule tous les ans dans toute la France, les pays francophones ainsi que les Dom-Tom. Il y a cinq niveaux du plus facile au plus difficile et les dictées choisies sont adaptées aux différents niveaux. Le déroulement est très simple : les participants sont répartis dans les salles, et peuvent écrire soit à la tablette, soit à la machine. Les machines sont plus bruyantes que les tablettes. Si la dictée se fait en braille intégral, nous avons deux notes : l'une en présentation du braille, l'autre pour l'orthographe. En braille abrégé, nous n'avons qu'une seule note car il s'agit de signes. Ne pas oublier que nous devons régulièrement nous tenir au courant des changements dans la pratique du Braille. Le concours du poinçon magique est une satisfaction en nous-mêmes, un enrichissement de notre culture générale, et nous sommes récompensés et encouragés par la remise de diplômes et de prix.

Le Braille est un moyen de lecture et d'écriture qu'utilisent les non-voyants ou les malvoyants, c'est notre façon de nous exprimer, c'est une autre approche de notre vision.

L'écriture braille est formée avec six points avec lesquels nous pouvons former l'alphabet qui nous permet de faire les mots, les chiffres et la ponctuation. L'espace entre les mots est signalé en avançant de deux « trous ».En Braille, il y a 63 combinaisons. Deux moyens de lecture sont proposés :

* La tablette perforée qui permet de former les lettres une à une à l'aide d'un poinçon et d'une réglette. Par ce moyen, on écrit de droite à gauche, et quand on retourne la feuille, on lit l'embossage de gauche à droite.

* La machine Perkins est une manière différente, elle dispose de six touches que l'on dactyle. L'embossage des points est fait différemment et on peut lire tout de suite ce que nous avons tapé avec la machine et nous lisons de gauche à droite. Le braille en intégral représente beaucoup de volume en ce qui concerne un livre de poche ou un dictionnaire !

SOUVENIRS

Les bals à Nouméa au début du siècle dernier - Souvenirs du Groupe du Jeudi

Les jeunes filles ne sortaient jamais seules à l'époque. Il fallait toujours être accompagnées par des membres de sa famille ou des amis connus des parents. France allait rarement au bal. Elle n'a pas fréquenté les soirées de Nouméa. Par contre Alice, Fernande et Simone se souviennent des bals à la Résidence du Gouverneur et des bals à l'ancienne mairie, dans la grande salle des fêtes, à l'occasion d 14 juillet par exemple. Il y avait toujours beaucoup de monde dans ces soirées. Les femmes étaient en robe longue, et les toilettes étaient plus élégantes les unes que les autres. Les hommes portaient des costumes de drap et la cravate. Les militaires portaient leur tenue d'apparat. Les jeunes filles avaient un carnet de bal sur lequel elles notaient le nom des cavaliers à qui elles avaient réservé une danse. Il fallait respecter l'ordre ! On dansait la valse, le tango, la polka, la masurka, le quadrille des lanciers, la scottish ... L'orchestre jouait toute la nuit. a la fin de la soirée, on rentrait chez soi à pied, car il n'y avait pas encore de voitures à l'époque, les chaussures à la main quand on avait mal aux pieds d'avoir trop dansé !

Fernande faisait partie de l'Association Terpsichore qui organisait un bal par mois. Parfois, c'étaient des bals travestis. Toutes évoquent avec nostalgie ces souvenirs de leur jeunesse. On s'amusait bien à l'époque.

ENSEMBLE, AIDONS LES AVEUGLES ET MALVOYANTS

a ROMPRE LEUR ISOLEMENT ET a AMELIORER LEUR VIE QUOTIDIENNE.

Dons et legs - CCP 14158 01022 0000910X051 25

Vous avez l'esprit créatif, associatif, vous aimeriez donner de votre temps, nous sommes dans l'attente du savoir-faire que vous pourriez nous transmettre.

a l'occasion de ce dernier bulletin de l'année, nous en profitons pour souhaiter aux membres du Conseil, aux adhérents et leurs familles, à nos animateurs et bénévoles, ainsi qu'à l'ensemble des sympathisants de l'AVH, de passer de bonnes fêtes de fin d'année.

Claudine Marchive
Courriel : claupe@canl.nc


LaCriée, liste de distribution d'information générale concernant les déficients visuels.

 


Dernière mise à jour de cette page :  29 novembre 2002


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

Aucune éphéméride en déficience visuelle pour aujourd'hui.

Saviez-vous que :

En 970 avant Jésus-Christ, l'université Al-Ashar en Égypte a développé un programme d'étude pour les aveugles.

TyphloPensée

« L’amour rend aveugle. L’amour doit rendre aveugle ! Il a sa propre lumière. Eblouissante. »

Daniel Pennac / Aux fruits de la passion

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

Haut de la page.

Politique d'accessibilité du site
[Certifier Bobby Approved (v 3.2). | Description]
[Validation HTML/XHTML du W3Québec | Valide CSS! | Ce document rencontre les conformités Valid XHTML 1.0 Strict]
DERNIÈRE MISE À JOUR DU SITE 2 septembre 2019
© 1996/2019; Le Typhlophile - Longueuil, Québec (Canada)

Pour vos commentaires et suggestions.