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Technologie: Voyage au centre du noyau Linux

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Le Typhlophile / Technologie: Voyage au centre du noyau Linux

28 juillet 2003

Le Devoir
CONVERGENCE, lundi 28 juillet 2003, p. B7

Technologie
Voyage au centre du noyau Linux

Dumais, Michel

Ottawa a été la semaine dernière le rassemblement des meilleurs développeurs de l'univers Linux. Des personnalités prestigieuses du monde du logiciel libre comme Linus Torvalds, l'architecte du système d'exploitation Linux, se font un devoir d'assister aux réunions hautement techniques du Linux Symposium et du Kernel Summit, deux événements annuels qui seront de retour en 2004.

Disons le tout de go (sans Mario): à l'exception de quelques conférences, les grandes discussions sur les enjeux du mouvement du logiciel à code source libre ne sont pas vraiment la tasse de thé des participants du Linux Symposium et du Kernel Summit. Ce sont plutôt les purs et durs de la programmation, les «hypergeeks», qui se retrouvent pour ces deux réunions annuelles où les nouveaux développements du noyau Linux sont expliqués en détails, et où les décisions sur les orientations à venir se discutent.

Mais, attention, ne vous méprenez pas sur le sens du mot «hypergeek». Pour ma part, après plusieurs conversations tenues avec ces as de la programmation, j'aurais plutôt tendance à les décrire comme des poètes du code, des artistes de la programmation qui, uniquement à partir de quelques concepts, créent des applications qui, demain peut-être, seront utilisées par un nombre considérable d'utilisateurs.

Il suffit de regarder les macarons d'identification des participants pour s'apercevoir que le monde Linux n'est plus un univers alternatif, où seuls quelques initiés peuvent y débattre des enjeux. IBM, HP, Red Hat, Nortel, Intel et Google ne sont que quelques-uns des noms de grandes sociétés qui ont envoyé leurs représentants à Ottawa pour observer et écouter les exposés techniques présentés lors de ces deux événements

Le premier événement, le Kernel Summit, est, depuis toujours, sur invitation. N'essayez pas d'y participer, à moins d'être parmi les rares élus à contribuer au développement du noyau de Linux. Le Kernel Summit permet aux développeurs du monde entier - les grands responsables de la programmation du noyau (kernel) même de Linux - de se rencontrer et d'établir la feuille de route à venir. Par exemple, c'est à Ottawa que Linux Torvalds a présenté les améliorations à venir des futurs noyaux 2.6 et 2.7.

Parlant de Linus Torvalds, ceux qui s'imaginent qu'à de tels événements, celui-ci arrive tout auréolé de sa gloire médiatique et entouré de quelques gardes du corps, comme le sont Bill Gates ou Steve Ballmer, ont bien tort. Autant un PDG comme Ballmer arrive flanqué de sa cour d'admirateurs, de spécialistes en relations publiques, et arborant une attitude que nos amis anglophones qualifieraient de «bully», autant Linus Torvalds est et sera toujours un «geek», un programmeur de haut niveau, brillant et qui, surtout, entend bien le demeurer. D'ailleurs, pour les 550 personnes présentes lors de ces deux événements, Linus est un des leurs. Nous reviendrons bientôt sur cette rencontre avec Torvalds.

Ouvert à tous

Autant le Kernel Summit est un petit club très fermé, autant le Linux Symposium, ouvert à tous, permet aux «ultra-geeks» de se rencontrer, de discuter et d'assister à des conférences hautement techniques. De l'optimisation du code sur les puces PowerPC à l'utilisation de Linux sur les 10 000 serveurs de Google, les sujets ne manquent pas et ceux-ci sont toujours traités selon un angle technique.

Cela n'a toutefois pas empêché quelques rares conférenciers de traiter d'enjeux spécifiques aux logiciels libres. Russell Ormond, qui se décrit lui-même comme un «geek» politique, a profité de la tribune qui lui était offerte pour discuter des enjeux du logiciel libre et de leur acceptation au sein des gouvernements, qu'ils soient nationaux ou locaux.

Malheureusement, la plupart des artistes du code présents à cette conférence ne pensent qu'en fonction d'enjeux technologiques, ce qui rend rebutants toute discussion et échange auprès des instances décisionnelles politiques.

Cependant, en discutant par la suite avec John «Maddog» Hall, un ex-enseignant aujourd'hui devenu une des figures de proue de Linux et du logiciel libre, on constate rapidement que les véritables enjeux sont tout autres que technologiques.

Selon Hall, le grand problème réside dans le fait que nombreux sont ceux qui doivent vendre le logiciel libre auprès de décideurs et qui n'utilisent que des arguments liés à la technologie. Or les véritables enjeux sont culturels, politiques, économiques et sociaux. En cela, si les évangélistes du libre pouvaient en faire leur devise, les décideurs seraient plus conscients des enjeux liés à l'utilisation du logiciel libre (et des normes libres).

D'ailleurs, en relisant les propos de Karl Dubost sur les normes ouvertes, publiés la semaine dernière dans ces pages - «le respect d'une norme ouverte, c'est permettre à tous les individus de pouvoir échanger librement l'information sans le risque de voir cette information devenir inaccessible, prisonnière d'un droit d'utilisation, d'un produit particulier. Il existe un enjeu social très important dans le respect d'une norme ouverte, l'information étant le vecteur de la création, de l'échange d'information, de la liberté de chaque personne» -, il est facile d'appliquer en partie le même raisonnement au logiciel libre.

Et en passant, pourquoi le surnom de «Maddog»? Je vous laisse imaginer un tantinet, tout en vous faisant remarquer que la voix de John Hall porte très bien dans un auditorium, même sans l'aide d'un micro. Disons tout simplement que l'homme sait se montrer très persuasif. Ouvert d'esprit, enclin à la discussion, mais persuasif une fois son idée faite.

Bref, que reste-t-il de cette semaine de conférences et de rencontres? Quelles conclusions en tirer? Tout simplement que le logiciel libre est là pour longtemps, que celui-ci a pris son envol et qu'il sera difficile de le faire taire, et que le prochain défi de Linux et du logiciel libre sera de franchir le fossé qui le sépare de son utilisation par le grand public et surtout, des instances gouvernementales.

En cela, le fameux livre de Geoffrey A. Moore, Crossing the Chasm, qui explique «la difficulté à gagner aux technologies nouvelles un type d'utilisateurs plus pragmatiques, devrait devenir la lecture de chevet de tout évangéliste du logiciel libre» ou des normes ouvertes.

Dans son livre, Geoffrey A. Moore décrit de façon claire et lumineuse le fossé qui sépare les innovateurs prompts à adopter une technologie nouvelle de la grande majorité des consommateurs, que ce soit sur le plan des attitudes, des motivations, des attentes ou des pratiques. Pour Moore, ce fossé peut être comblé «en offrant des produits de haute technologie conçus pour répondre à des besoins spécifiques et à des publics ciblés». Tout à fait le cas de Linux et du libre ça.

mdumais@ledevoir.com



Dernière mise à jour de cette page :  28 juillet 2003


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Le système braille est le résultat de nombreuses recherches de la part de son auteur, mais on peut dire que, dès 1825 alors que Louis Braille n'a que 16 ans, la partie essentielle de son système est conçue.

TyphloPensée

« D'où te viennent-ils donc, mon enfant, tes yeux bleus ?
C'est que lorsque l'orage à traversé le ciel,
Les éclairs qui brillaient étaient de flamme bleue;
J'ai regardé la danse, au loin, de de ces feux pâles,
Et tout le firmament qui bleuissait aussi. »

Konstantin D. BALMONT (Antho. de la poésie russe, par J. David)

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

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