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Lettre de liaison spéciale Docteur Siaka Diarra - Octobre 2007

Quatre cannes blanches.

Lundi 11 décembre 2017 à 04:41:57 HnE

Tournois d'échecs pour déficients visuels

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Photographie d'une calculatrice parlante.
Calculatrice parlant français permettant d'effectuer les opérations courantes de calcul. Elle est également munie d'une mémoire, d'alarmes ainsi que des fonctions de Date et Heure.





Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / Lettre de liaison spéciale Docteur Siaka Diarra - Octobre 2007

26 octobre 2007

Chers membres, partenaires et amis de l'Union Francophone des Aveugles,

La présente édition de notre lettre de liaison est consacrée à notre regretté ami et collaborateur, le Dr Siaka Diarra, Président de l'Association Burkinabè pour la Promotion des Aveugles et Malvoyants (ABPAM) et membre de notre Comité Exécutif, qui a tragiquement perdu la vie en mai 2007, alors qu'il se rendait à une rencontre de l'Union Africaine des Aveugles.

Lors de sa rencontre d'août dernier à Montréal au Québec, le Comité Exécutif de l'UFA a résolu d'immortaliser la mémoire du Dr Diarra. En effet, il a été décidé que le programme de bourses de l'UFA à l'intention d'élèves aveugles et malvoyants de pays en développement soit dorénavant désigné « Le Programme de Bourses Siaka Diarra ». C'est en grande partie grâce à Siaka que ce programme est en vigueur depuis une année. Rappelons que l'UFA soutient une vingtaine d'élèves du secondaire ayant une déficience visuelle en Haïti et au Burkina Faso.

Dans ce numéro spécial, les membres du Comité Exécutif de l'UFA souhaitent vous faire part des nombreux témoignages et autres hommages qui ont suivi le décès tragique du Dr Diarra, témoignages qui démontrent à quel point il s'est engagé, avec détermination et grâce à ses compétences, au service des personnes aveugles et malvoyantes de son pays, de l'Afrique et plus largement de la Francophonie.

Les textes que nous publions proviennent de diverses associations et de journaux.

TÉMOIGNAGES EN HOMMAGE AU Dr SIAKA DIARRA

Photographie du Docteur Siaka Diarra.

LE Dr SIAKA DIARRA DE L'ABPAM ETAIT DANS LE VOL 507

Un Boeing 737-800 de la compagnie Kenya Airways, ayant à son bord 114 personnes (dont 9 membres d'équipage), s'est écrasé dans la région camerounaise de Nyété (Sud-Est du pays) dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 mai 2007.

Dans ce vol KQ 507, assurant la liaison entre Abidjan et Nairobi, via Douala (Cameroun), se trouvait le président de l'ABPAM (Association burkinabè pour la promotion des personnes aveugles et malvoyantes), le Dr Siaka Diarra, un homme devenu depuis des années la mascotte des personnes aveugles et malvoyantes au Burkina Faso.

Si suite au crash de l'avion au Cameroun, d'aucuns s'interrogeaient sur la présence de Burkinabè, on est maintenant certain avec la publication hier dimanche sur son site Internet par la compagnie Kenya Airways de la liste des passagers embarqués à bord de l'aéronef, parmi lesquels le Dr Siaka Diarra de l'ABPAM (qui avait le numéro 100 sur la liste). Rappelons que le vol KQ 507 avait été porté disparu peu après son décollage de Douala à 0h05, heure locale, à destination de Nairobi.

D'intenses recherches étaient toujours en cours hier au moyen d'hélicoptères, d'avions pour retrouver l'appareil disparu. Mais les opérations étaient rendues difficiles à cause de fortes pluies et du brouillard. Même si d'ores et déjà, on dit qu'il n'y a eu aucun survivant, les familles des 114 passagers, de 27 nationalités, espèrent toujours, en dépit du choc. Le dernier accident d'un avion de la même compagnie remonte au 30 janvier 2000 lorsque 169 personnes ont trouvé la mort quand leur A310 a plongé dans l'Atlantique, peu après son décollage d'Abidjan.

Hier, au siège de l'ABPAM au quartier Gounghin de Ouagadougou, on priait et espérait toujours. Le président de l'ABPAM se rendait au Kenya pour assister au 20e anniversaire de la création de l'Union africaine des aveugles, qui doit, en principe, avoir lieu du 6 au 8 mai 2007. Pour ceux qui ignorent tout de cet homme, Siaka Diarra est devenu docteur en pharmacie et a servi à l'hôpital Yalgado, avant de perdre la vue en 1981, suite à des soins au Mali et en France qui ont échoué.

Étant aveugle, il a fait des études en kinésithérapie et s'en est sorti avec un Master kinésithérapeute, un diplôme d'Etat français. Revenu à l'hôpital Yalgado Ouédraogo, il exercera la profession de kinésithérapeute quelques années avant de s'installer comme pharmacien d'officine respectivement à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou. Très dévoué à la cause des personnes aveugles et malvoyantes, ce père de deux enfants a énormément contribué à l'amélioration de la situation de ces dernières dans notre pays, notamment sur le plan éducatif, socioprofessionnel, etc.

Avec l'ABPAM qu'il dirige depuis 1992, il a permis aux personnes aveugles et malvoyantes de se battre pour acquérir leur place au sein de la société. Comme d'ailleurs il l'a souvent répété, « le handicap n'est pas un frein à l'épanouissement de l'individu ni à son éducation ». Son engagement et ses efforts inlassables ont fait de lui le président de la zone 2 (Afrique de l'Ouest) et un membre du bureau exécutif de l'Union africaine des aveugles.

C.P.O. Observateur Paalga.


Dr DIARRA, LE DEFENSEUR DES AVEUGLES N'EST PLUS

Nul ne sait de quoi et où il va mourir. Pour le Dr Siaka Diarra, le rendez-vous de retour dans l'autre monde s'est fait dans un accident d'avion. En partance pour le Kenya, sur invitation du bureau exécutif de l'Union africaine (UA) des aveugles, le Dr Siaka Diarra a trouvé la mort dans un accident d'avion à Douala le 5 mai dernier. Président de l'Association burkinabè pour la Promotion des Aveugles et Malvoyants (ABPAM) depuis le décès de son prédécesseur Bala Traoré, plusieurs actions sont à mettre à son actif. Le 12 mars dernier, l'ABPAM procédait à l'inauguration de son unité informatique grâce à l'aide d'une association française qui œuvre dans le même domaine. L'association Valentin Haüy puisque ce d'elle qu'il s'agit, par sa représentante, ne tarissait pas d'éloges à l'égard du Dr Siaka Diarra. Elle louait son dynamisme et sa ferveur dans le combat pour le bien-être des personnes handicapées visuelles au Burkina et en Afrique. La mort est un passage obligé. Seulement, ce qui est important, c'est l'évaluation après ce rendez-vous fatidique. Au regard du sentiment de consternation qui anime le monde des handicapés visuels en particulier et l'ensemble des organisations de la société civile à laquelle il appartenait, on ne doute pas que Siaka Diarra a mené une vie utile. Malgré son handicap de la vue, il n'a cessé de militer dans plusieurs associations. Son activisme positif n'a cessé de lui attirer sympathie. Le pharmacien, le kinésithérapeute qui a consacré sa vie à ses semblables a traversé le long fleuve laissant une veuve et 2 enfants. Ses successeurs de l'ABPAM doivent cesser de pleurer. Ce qui peut lui faire du bien de là où il est, c'est de voir son œuvre pérennisée.

Merneptah Noufou Zougmoré.


HOMMAGE À LA MÉMOIRE DU DOCTEUR SIAKA DIARRA

par Gaoussou DIARRA, Membre de l'ABPAM, étudiant à Clermont-Ferrand

C'est avec une profonde consternation que j'ai passé la journée du dimanche 6 mai 2007 lorsque j'ai été informé du terrible accident d'avion de la Kenya Airways au Cameroun dans lequel se trouvait le Docteur Siaka DIARRA. J'ai passé toute la journée à suivre l'information concernant la recherche de l'épave de l'avion tout en croyant jusqu'au bout à la possibilité que d'éventuels survivants, dont le Docteur DIARRA, puissent être miraculeusement retrouvés. Hélas, Dieu en a décidé autrement. Par le présent témoignage, je rends hommage à la mémoire d'un Président, d'un parrain, d'un confident et d'un humaniste hors pair dont toutes les qualités ne peuvent être énumérées.

Depuis notre première rencontre en 1999 à Ouagadougou au siège de l'Association Burkinabé pour la Promotion des Aveugles et Malvoyants (ABPAM), il n'a cessé d'être un modèle pour moi, notamment sur le plan de l'abnégation et de l'ardeur au travail, tout comme sur celui de l'engagement ferme à l'humanisme et à l'entraide sociale. Depuis 2003, en ayant intégré le bureau exécutif de l'ABPAM, j'ai pu constater et bénéficier de ses talents incommensurables de véritable leader. Ce qui m'a le plus marqué chez lui c'est sa capacité d'écoute et sa promptitude à apporter des solutions aux problèmes collectifs ainsi qu'aux difficultés individuelles rencontrées par chaque membre de l'association ou de toute personne faisant appel à lui.

Par ailleurs, étant actuellement étudiant en France, j'avais souvent l'occasion de le rencontrer à Paris lors de ses escales dans le cadre de réunions internationales sur la promotion des personnes handicapées. Je garderai en souvenir les bons moments que nous avons pu partager durant ces années et je lui dois beaucoup pour ses soutiens et conseils dans le cadre de mes études en Économie. Par sa contribution, l'image de la personne aveugle a été, à jamais, redorée au Burkina Faso et j'ose espérer que l'œuvre gigantesque qu'il a entamée dans la promotion des personnes handicapées continuera à bon port et, depuis le Royaume de Dieu, il en serait fier.

Grand Merci à vous Docteur Siaka DIARRA pour ce grand chantier que vous avez initié, vous resterez toujours présent dans nos esprits.

DIARRA Gaoussou


DÉCÈS DU DOCTEUR SIAKA DIARRA

Quotidien le Pays N°3864 du 08/05/2007

Ombres & lumières

Jours de deuil à l'ABPAM

Invité à participer à une réunion du bureau exécutif de l'Union africaine des aveugles et à la célébration du 20ème anniversaire de sa création, le Dr Siaka Diarra a trouvé la mort dans un accident d'avion à Douala dans la nuit du 4 au 5 mai derniers.

La tristesse se lisait sur les visages des responsables de l'Association burkinabè pour la promotion des aveugles et malvoyants (ABPAM), lorsque notre équipe de reportage est arrivé sur les lieux hier, en début d'après-midi.

Selon Guy Yaméogo, Secrétaire général de l'association, on est porté à croire que le docteur avait rendez-vous avec la mort. Alors que son départ du Burkina était prévu pour le vendredi 4 mai, il s'entend dire par la compagnie Air Burkina qu'il n'y avait de vol que le jeudi 3. C'est alors qu'il se rend à l'aéroport où, après moults discussions, il finit par embarquer. Tout s'est bien passé jusqu'à l'étape de Douala où l'accident est survenu.

Défenseur farouche des personnes handicapées, cette qualité lui a permis d'occuper plusieurs responsabilités tant sur le plan national qu'international. Au moment où la triste nouvelle est tombée, il préparait un atelier sur le renforcement des capacités institutionnelles des associations des personnes handicapées visuelles, membres de l'Union africaine des aveugles (UAFA) prévu au Bénin du 21 au 25 mai.

Selon ses collègues, le Dr Diarra est une personne qu'ils ne pourront jamais remplacée. Il laisse derrière lui une veuve et deux enfants.


DÉCÈS DU Dr SIAKA DIARRA

DOUEDRAOGO
PARU LE 09/05/2007

Le CI/JAPHAF perd un ami dans le crash d'un avion 737 de Kenya Airways

Sur le chemin pour participer à une réunion du bureau exécutif de l'Union africaine des aveugles au Kenya, le Dr Siaka Diarra, président du Comité National d'organisation de la 7ème édition des JAPHAF tenue à Ouagadougou en juillet 2005 a trouvé la mort dans l'accident du vol 507 de la compagnie Kenya Airways, assurant la liaison entre Abidjan et Nairobi, via Douala (Cameroun), dans la nuit du 4 au 5 mai.

Défenseur farouche des personnes handicapées, il a occupé plusieurs responsabilités tant sur le plan national qu'international. A ce titre il a joué un rôle capital dans le succès des JAPHAF 2005.

Le Comité International des JAPHAF et l'ensemble des structures sportives africaine s'associent à la douleur de l'Association burkinabé pour la promotion des personnes aveugles et malvoyantes, sa famille, sa veuve et ses deux enfants.


L'UNION FRANCOPHONE DES AVEUGLES EST EN DEUIL

Paris, le 10 mai 2007

C'est avec une peine immense que nous avons appris la disparition brutale de notre Ami le Dr Siaka Diarra dans le tragique accident d'avion de la Kenya Airways survenu le 5 mai dernier alors qu'il se rendait au 4ème Forum du Développement Africain pour y représenter l'Union Francophone des Aveugles.

Toute la vie du Dr Diarra témoigne qu'il était une personnalité d'exception. Il s'est engagé sans compter dans son pays, comme sur le plan international, pour que les personnes aveugles soient reconnues comme des personnes à part entière, soient traitées avec dignité, accèdent à l'éducation et trouvent une place dans la société. Reconnu et respecté par les plus Hautes Autorités du Burkina Faso, il a su faire de l'ABPAM une association très bien implantée, vivante, créative, efficace et solidaire. Co-fondateur de l'Union Francophone des Aveugles, il n'a ménagé aucun effort pour que notre jeune organisation se développe et remplisse ses objectifs.

Membre du Comité Exécutif depuis juillet 2005, il s'était particulièrement attaché au développement du soutien à l'éducation dans les pays d'Afrique Francophone. Nous profitions tous de sa grande sagesse et de ses compétences. Son intégrité, son dévouement sans faille et sa convivialité chaleureuse font qu'il est pour nous tous beaucoup plus qu'un collaborateur, c'est un Ami, un Frère. Sa perte est inestimable pour son pays. Son intelligence supérieure, sa soif de justice, sa détermination, sa générosité et sa grandeur d'âme nous manqueront grandement.

Devant cette épreuve, nous devons rester forts et continuer son œuvre. De là où il se trouve, il saura nous aider et c'est à nous de faire honneur à sa mémoire en poursuivant le travail colossal qu'il a réalisé pour le mieux-être des personnes non-voyantes.

L'Union Francophone des Aveugles présente à sa Famille, à ses Amis, aux Hautes Autorités du Burkina Faso et à toute la Communauté des Aveugles de ce pays ses plus sincères condoléances.

Françoise Madray-Lesigne
Présidente de l'Union Francophone des Aveugles.


DÉCÈS DU DOCTEUR SIAKA DIARRA : l'ADF/RDA PRÉSENTE SES CONDOLÉANCES À L'ABPAM

Article paru sur Internet le mardi 15 mai 2007

Note : l'ADF/RDA est le principal parti d'opposition au Burkina Faso et son Président, rédacteur de cet article, est un ancien Ministre de l'action sociale.

C'est avec une profonde consternation et tristesse que j'ai appris le décès brutal du docteur Siaka DIARRA, président de l'ABPAM, dans le crash du Boeing 737-800 de la compagnie Kenya Airways, vol KQ 507, dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 mai 2007.

L'ADF/RDA par ma voix présente ses sincères condoléances à l'ABPAM et à toute sa famille. Le docteur Siaka DIARRA fait partie de ces grands hommes qui, touchés par l'adversité, font fi de leur handicap pour se mettre au service des autres. En effet, malgré le choc de l'annonce de sa cécité irréversible en 1981, le docteur Siaka DIARRA a décidé de réagir et d'aider ses semblables. Cet éminent homme, docteur en pharmacie, détenteur d'un Master en kinésithérapie de l'État français, s'est dévoué à la cause des personnes aveugles et malvoyantes depuis 1992. Il a ainsi contribué à l'amélioration de leur situation dans notre pays, notamment sur le plan éducatif, socioprofessionnel, etc. Son engagement et ses efforts inlassables ont fait de lui le président de l'ABPAM, le président de la zone 2 (Afrique de l'Ouest) et un membre du bureau exécutif de l'Union africaine des aveugles. Il nous quitte au moment où l'Afrique et le Burkina Faso ont tant besoin de ses services. Le Burkina Faso pleure un grand homme. À sa femme, à ses deux enfants, à l'association nous présentons nos condoléances les plus attristées.

Maître Gilbert Noël OUEDRAOGO
Président de l'ADF/RDA


LETTRE À UN FRÈRE DISPARU

par Yves DUNAND, Président de la Commission de Solidarité Internationale de Voir Ensemble, France

Tiré de « Solidarité Magazine » n°28

Mon très cher Ben, puisque c'est ainsi que nous, tes amis proches, t'appelions, c'est à toi que je tiens à m'adresser en rédigeant ce témoignage à l'intention de nos lecteurs. C'est en septembre 1981 que nous nous sommes rencontrés au centre de rééducation de l'Auberderie, à Marly-le-Roi, et qu'est née entre nous, et entre plusieurs membres du petit groupe que nous avions constitué, une amitié qui ne s'est jamais interrompue. Tu as été, et tu resteras l'un des amis les plus chers que j'ai eus en ce bas monde, depuis bientôt 26 ans que nous nous connaissions, toi qui m'as ouvert à l'Afrique et à la solidarité internationale, toi qui m'as fait découvrir, avant même mon premier voyage en terre africaine, cet immense potentiel d'humanité que recèle votre continent et dont tu as été l'incarnation, généreux tant dans ta capacité d'écoute que dans ta détermination dans l'action.

Cet immense potentiel d'humanité et d'intelligence qui t'a valu d'accomplir le parcours que je laisserai à d'autres le soin d'évoquer sous d'autres angles dans leurs témoignages, nous pouvions déjà le voir en toi lors de ce séjour de cinq mois au cours duquel nous avons appris à nous connaître, à nous aimer avec nos différences et à nous soutenir mutuellement pour apprendre ensemble à faire face aux difficultés engendrées par la cécité, précoce ou tardive, pour chacun d'entre nous. Tu étais venu en France quelques mois plus tôt pour te faire opérer d'un glaucome à titre préventif et, l'opération ayant totalement échoué, tu dus affronter et surmonter le choc d'une cécité totale qui allait bouleverser ta vie.

À l'issue de ce stage, chacun devait poursuivre son chemin et toi, tu avais déjà décidé, quoi qu'il t'en coûte, de suivre une formation qui te permettrait de retourner vivre et travailler dans ton cher pays (qui s'appelait encore la Haute-Volta), malgré le défi immense que représentait pour une personne aveugle l'insertion sociale et professionnelle dans l'un des pays les plus pauvres du monde. Tu y es parvenu, en travaillant d'arrache-pied et grâce au soutien de celle qui est devenue ton épouse, Fati, qui t'avait connu « bien-voyant » mais qui, par cette union, s'est engagée à rester à tes côtés face aux épreuves qui ne t'ont pas épargné, pour relever avec toi ce défi.

En 1985, après l'obtention de ton diplôme en kinésithérapie, vous rentriez donc tous au Burkina et, outre l'exercice de ton nouveau métier, tu t'es engagé immédiatement au sein de l'ABPAM dont le Président d'alors te cédait les rênes en 1987.

C'est cette année-là aussi que tu participas en Tunisie à la création de l'Union Africaine des Aveugles au côté, entre autres, de Paul TEZANOU, son Président actuel et notre grand ami commun. C'est à votre retour de Tunis que tu me fis rencontrer Paul et que tu m'encourageas à partir travailler dans l'école qu'il dirigeait, projet qui se réalisa dès l'année suivante et qui est à l'origine de mon engagement dans la solidarité internationale et de ma présence au sein de la CSI.

Au fil des années, nous sommes restés régulièrement en contact et nous sommes revus à chacun de tes passages en France, comme dernièrement en novembre 2006, à ton retour du Venezuela où tu avais participé aux travaux de rédaction de la Convention internationale sur les droits des personnes handicapées soumise à l'ONU pour ratification par chacun des pays membres dès le début de cette année. Toi qui détestais les longs voyages, et plus particulièrement l'avion, tu tenais malgré tout à représenter les aveugles et les handicapés africains partout où tu pouvais promouvoir leur cause, notre cause commune.

Je ne puis oublier que lors de notre dernier échange téléphonique, deux jours avant ton départ pour Nairobi, tu m'avais vivement invité à faire un nouveau séjour au Burkina cet été. Je n'ai pu me rendre aux funérailles nationales qui furent organisées en ton honneur début juin, mais je compte bien faire le voyage fin juillet pour retrouver ta famille, dont je me sens si proche, et les amis de l'ABPAM avec qui nous allons continuer à poursuivre nos actions dans la mesure de nos modestes moyens (financement, notamment, des salaires de trois répétiteurs de l'école de l'ABPAM).

Une question, Ben, avant de céder la parole à d'autres qui ont tenu à te rendre hommage : pour quelle raison n'as-tu pas informé Paul, comme tu le faisais habituellement, du vol que tu prenais pour te rendre à Nairobi et qui faisait escale, qui plus est, à Douala ? Savais-tu qu'il n'attendait que cette confirmation de ta part pour prendre ce même avion et qu'ainsi, en ne l'informant pas, tu lui sauvais la vie ?

Quoi qu'il en soit, force nous est d'admettre, malgré nos larmes parfois irrépressibles, mais soutenus par l'évocation de ta mémoire, que tu avais rendez-vous avec ton destin ce 4 mai 2007, dans l'accomplissement de cette mission même à laquelle tu as voué ta vie. Toi qui avais tant à cœur de faire se tisser des liens de solidarité et d'amitié entre tous ceux que tu faisais se rencontrer, grâce à ton charisme et à ta jovialité si communicative, continue à nous inspirer à vivre et à œuvrer dans cet esprit ! Notre monde a tant besoin de bâtisseurs doués de ta sagesse et de ta détermination que nous te prions de rester proche de nous.

Bien à toi pour l'éternité…

Yves


AB. P.A. M.
Association Burkinabè pour la Promotion des Aveugles et Malvoyants Ouagadougou le 20 juin 2007

Objet : REMERCIEMENTS

Le bureau exécutif, les membres, les sections, et le personnel de l'ABPAM adressent leurs sincères remerciements à toutes les bonnes volontés pour le soutien exceptionnel dont nous avons été l'objet au moment du crash de l'avion, pendant les recherches des éventuels survivants et au cours du déroulement des obsèques.

Nous avons été réconfortés à chaque étape par votre esprit de solidarité, de compassion de d'affection pour nous et surtout pour notre illustre disparu feu Docteur Siaka DIARRA président de l'ABPAM.

C'est aussi la preuve des bonnes relations qu'entretenaient notre président et la reconnaissance de ses œuvres et projets réalisés au profit des personnes handicapées visuelles.

Nous prenons l'engagement de poursuivre les œuvres de notre bien aimé président Docteur Siaka DIARRA et vous assurons de notre disponibilité à toute entreprise entrant dans le renforcement et la consolidation des acquis de ce pionner pour la lutte des droits élémentaires des Personnes Handicapées.

Nous vous réitérons notre gratitude pour le témoignage que vous avez fait en hommage à notre président et prions que le Seigneur vous rende au centuple vos bienfaits.

Le Secrétaire Général de l'ABPAM
MR Guy YAMEOGO


Pour joindre l'UFA

En France :

5, rue Duroc
75007 Paris
France
Téléphone : 33 1 44 49 27 27 (poste 2324)
Télécopieur : 33 1 44 49 27 10
Courriel : international@avh.asso.fr

Au Canada :

1111, St-Charles ouest
Longueuil, Québec, Canada
J4K 5G4
Téléphone : (450) 463 9899
Courriel : info@unionfrancophonedesaveugles.org



Dernière mise à jour de cette page :  26 octobre 2007


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

En ce 11 décembre de l'an de grâce 2004. France une première : une personne handicapée visuelle obtient le brevet national de moniteur des premiers secours. (BNMPS).

Saviez-vous que :

C'est à la foire de Saint-Ovide (France), en septembre 1771, que Valentin Haüy vit des aveugles faire les clowns sous les quolibets et les rires de la foule. La vue de ces hommes impuissants, dégradés et ridiculisés le choqua profondément. Cet incident fut à l'origine de la campagne qu'il mena pour fonder ce qui fut la première école au monde réservée aux aveugles.

TyphloPensée

« C'est de l'intérieur de soi que vient la défaite. Dans le monde extérieur il n'y a pas de défaite. La nature, le ciel, la nuit, la pluie, les vents ne sont qu'un long triomphe aveugle. »

Pascal Quignard

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

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