L'informatique révolutionne l'impression en braille.

Associated Press (Philadelphie)

Article tiré de la page B7 de la Presse du Mardi 1er avril 1997.

L'impression en braille a considérablement évolué depuis l'invention de l'alphabet pour aveugles au siècle dernier par un jeune Français. Désormais ce sont des machines comnmandées par ordinateur qui fabriquent, en grande quantité, les ouvrages pour non-voyants.

Au début du XIXe siècle, Louis Braille, un jeune Français aveugle, met au point à l'âge de 15 ans un alphabet constitué par des points en relief. Dans la foulée, il crée un système d'écriture constitué d'une ardoise en métal et d'un poinçon, pour immprimer ses "lettres". Bientôt son système est adopté dans le monde entier.

Les premiers ouvrages en braille - la Bible dans la plupart des pays - sont réalisés en imprimant chaque point en relief sur des feuilles de métal à l'aide d'un marteau et d'un poinçon. Un procédé pour le moins laborieux.

Aujourd'hui les choses ont bien changé. À l'imprimerie du centre braille Jenny Beck de Philadelphie, l'une des plus modernes au monde, les livres imprimés en caractères classiques sont désormais convertis directement en braille par ordinateur. Tirés en grand nombre, les ouvrages pour aveugles sont relus par des correcteurs voyants et non voyants.

"Nous produisons en moyenne une centaine d'ouvrages chaque année", déclare la directrice du centre, Dolores Ferrara-Godzieba. "Mais nous imprimons également des brochures, quelque 10 000 relevés de comptes bancaires ainsi que tout document écrit en braille que l'on nous soumet".

Le procédé de fabrication du centre fait largement appel à l'informatique. Les pages de caractèrs imprimés sont d'abord scannées par un ordinateur qui les traduits automatiquement en braille. Des correcteurs vérifient la version braille directement sur un écran avant l'impression.

Les pages sont ensuite gravées sur des plaques en zinc. L'ordinateur espace de lui-même le texte de façon à ce que les points en relief puissent être imnprimés sur les deux faces d'une même feuille. L'ultime étape, celle du tirage sur papier, peut alors commencer.

Non seulement ce système permet-il de produire des écrits en braille rapidement et sur une grande échelle, mais en plus il est rentable: l'imprimerie du centre a ainsi généré un chiffre d'affaires de 1,1 million de dollars l'an dernier.

La Bibliothèque du Congrès à Washington est le principal client du centre. Une fois reliés les ouvrages en braille y sont envoyés pour une ultime relecture, avant d'êtres distribués dans le pays.

Avec les imprimeries de Boston, Chicago, Louisville et Stewart en Floride, le centre Jenny Beck produit le gros des ouvrages et autres documents en braille produits dans l'ensemble des États-Unis.

Si ces unités de production sont à la pointe du progrès, ce n'est en revanche pas le cas de nombreux ateliers, impression qui ne sont pas informatisés et doivent encore "réécrire" en braille les livres qu'il souhaitent imprimer. Pour réaliser cette tâche, ils utilisent des "stéréotypeurs", des machines à écrire mécaniques à six touches, qui gravent les caractères en braille sur des matrices en métal.