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Uniformisation du braille français

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Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / Uniformisation du braille français

9 janvier 2007

Communiqué
Pour diffusion immédiate

RÉPONSE DU RAAQ À UN GROUPE DE PRESSION
S'OPPOSANT À L'UNIFORMISATION DU BRAILLE FRANÇAIS

Montréal le 9 janvier 2007. Depuis le 4 janvier 2007, circule par le truchement de diverses listes de diffusion un communiqué émis par madame Monique Beaudoin, monsieur Paul-Henri Buteau et monsieur Jacques Côté informant la communauté aveugle et amblyope qu'en décembre 2006, une lettre a été acheminée au Ministre de l'Éducation du Québec afin de lui demander de protéger le braille. Les signataires de cette missive se présentent comme un groupe d'experts : il s'agit de mesdames Denise Beaudry, Linda Boulet, Louiselle Dubé et Nicole Trudeau ainsi que de messieurs Paul-Henri Buteau et Jacques Côté.

Ce communiqué ainsi que la correspondance adressée au Ministre ont de quoi surprendre de la part de personnalités qui, dans les années 90, ont su s'illustrer au niveau de la normalisation du braille. Ces textes surprennent par la méconnaissance profonde qu'ils dénotent vis-à-vis des travaux entrepris dans le cadre de l'Accord de coopération pour une uniformisation du braille français.

Par exemple, les auteurs affirment que « l'acceptation par le ministère de l'Éducation du Québec du code proposé [.] mettrait au rancard les 1 065 pages des cinq codes approuvés et utilisés au Québec en les remplaçant par un code fort réducteur de 49 pages. ». Comment peut-on affirmer une telle énormité alors qu'un simple survol du document suffit pour réaliser que les parties du « Code de transcription en braille des textes imprimés » déposées par le groupe international d'experts ne traitent ni des règles d'abrègement du braille, ni des codes accessoires s'appliquant aux notations mathématique, informatique ou de la chimie.

Les auteurs du communiqué prétendent également que les nouvelles normes de transcription en braille auront « des effets majeurs sur la pagination et la présentation générale d'un docu­ment ». Cette affirmation est totalement gratuite puisque la partie du futur Code de transcription traitant spécifiquement de la présentation des textes en braille n'a pas encore été diffusée, celle-ci étant encore en cours de réalisation. Il y a d'ailleurs fort peu à craindre de ce côté, considérant que, d'une part, les Européens ont peu ou pas de normes arrêtées en matière de présentation des textes et que, d'autre part, c'est au groupe d'experts québécois qu'a été confiée la tâche d'élaborer les propositions de départ en cette matière.

Ailleurs, dans leur correspondance au Ministre, les auteurs prétendent que « le rapprochement avec la France [.] nous éloignerait définitivement des avantages de la mondialisation en ce qui concerne le braille ». C'est tout le contraire qui se produira, car une pratique uniformisée du braille au sein de la francophonie facilitera les échanges, permettra une plus grande ouverture sur le monde et offrira un accès accru à un vaste éventail de documents de toutes sortes. L'ouverture sur le monde passe d'abord et avant tout par l'ouverture sur sa propre communauté linguistique internationale.

Plus loin, on affirme que « suite à un arrêté décrété unilatérale­ment par la France il n'y a plus d'accord de coopération. Donc, ce jour-là le Québec a perdu ainsi tout pouvoir de négociation avec les signataires de cette entente et s'est retrouvé isolé ».

C'est bien mal connaître l'Accord de coopération, aux termes desquels chaque membre signataire reste tout à fait autonome et souverain, ce qui l'autorise à prendre, sur son territoire national, toute décision relative au calendrier et aux modalités d'implanta­tion du nouveau Code. Les Européens ont une structure de décision qui leur permet de passer plus rapidement à l'action, voilà tout. Le Québec ayant opté pour la concertation, l'exercice prends nécessairement plus de temps. L'Accord de coopération se poursuit toujours et le Québec y conserve tout son pouvoir de négociation, au même titre que tous les autres partenaires, ni plus, ni moins. Les Européens font même preuve d'une ouverture réelle à rediscuter les points de détail qui pourraient poser problème à l'usage.

Dans leur lettre, les opposants à l'uniformisation du braille poursuivent ainsi : « nous vous recommandons de relancer dès que possible votre comité ministériel sur la normalisation du braille français en éducation. ». Rappelons-nous que, depuis 1997, à la demande expresse du RAAQ, les questions de normalisation du braille relèvent du Comité québécois de concertation sur le braille. Cette structure permet aux différents acteurs concernés par le braille de s'exprimer directement sur la question et de s'assurer que les besoins de tous les usagers du braille sont pris en compte, quel que soit le réseau à travers lequel ils transitent, et pour tous les secteurs d'activité, notamment, la réadaptation, les réseaux scolaires et professionnels, le milieu associatif, le loisir et la culture.

Ce serait une grave erreur et un recul de confiner au sein d'un seul ministère un sujet qui interpelle à la fois, et le milieu associatif, et les réseaux gouvernementaux de la Santé, de la Culture et de l'Éducation.

Les signataires de cette correspondance au Ministre de l'Éducation se mépren­nent gravement sur la nature et la portée des travaux en cours. Comment expliquer autrement une telle accumulation d'affirma­tions gratuites, erronées ou sans nuance, allant même jusqu'à affirmer que le nouveau Code de transcription veut « balayer tous nos acquis au niveau de la méthodologie de la transcription en braille ».

Soyons réalistes ! Il n'y a pas de sombre complot pour détruire le braille québécois, ce « fleuron d'excellence et de rigueur » comme le proclament les opposants à l'uniformisation. Quiconque se réclame ainsi de la rigueur et de l'excellence ne devrait-il pas, minimalement, en faire preuve, en appuyant ses dires sur des faits avérés, sur une information exacte, au lieu de donner dans la démesure et la désinformation.

La démarche des opposants est d'autant plus troublante que certains d'entre eux ont participé, au sein d'un comité du RAAQ, à l'étude du nouveau Code de transcription, et, qu'à ce titre, ils ne peuvent ignorer la gratuité ou la fausseté de plusieurs affirmations formulées dans leur correspondance au Ministre.

Ce serait une erreur de percevoir la révision actuelle du braille comme un désaveu de ce qui s'est fait antérieurement. Bien au contraire, elle vient compléter ces acquis et s'inscrit parfaite­ment dans la tradition d'excellence et de rigueur à laquelle les lecteurs québécois ont toujours souscrit.

Pour rester en mesure de s'adapter à l'évolution constante des pratiques en cours dans l'imprimé, il est impératif que le braille continue à évoluer. On peut bien rêver d'un monde immuable, où rien ne change, où rien ne vient heurter les vieilles habitudes, mais ce n'est qu'un rêve, la réalité est tout autre. Que désirons-nous ? Nous replier sur un braille momifié, marginalisé ou continuer, avec nos partenaires de la francophonie, à contribuer significativement à l'évolution du braille français ?

Le RAAQ réaffirme son adhésion au processus d'uniformisation du braille français, auquel il collabore depuis sa mise en oeuvre en 2001. Notre participation active au sein du CQCB nous permet de témoigner de la rigueur avec laquelle le dossier est traité. C'est donc en pleine connaissance des faits que le RAAQ est à même, aujourd'hui, de réaffirmer sa confiance à l'endroit de ses partenaires au CQCB, de même qu'à l'endroit des experts québécois mandatés pour nous représenter à l'international.

Le nouveau Code de transcription est le fruit d'une négociation importante entre les pays francophones, chacun ayant des manières différentes d'utiliser le braille. Toutefois, un consensus a pu être atteint entre les experts québécois, européens et africains. De manière succincte, le compromis a été le suivant : les Européens et les Africains ont accepté d'adopter plusieurs propositions québécoises sur les symboles fondamentaux, les symboles composés et diverses règles régissant la transcription du braille littéraire, tandis que le Québec acceptait d'adopter la représentation des chiffres suivant la notation dite « Antoine », empruntée à la notation mathématique braille du même nom.

Ainsi en est-il de toute négociation : chacun doit faire un pas vers l'autre, l'essentiel étant d'en arriver à un compromis acceptable autour d'un objectif clairement partagé, celui d'un braille français enfin uniformisé à la grandeur de la francophonie.

Pour ce qui est des autres modifications, elles ne devraient pas soulever de difficultés particulières, comme l'a démontré, en 2003, l'expérimentation menée simultanément dans les réseaux de la Réadaptation et de l'Éducation, de même qu'au sein du milieu associatif. Si l'attachement des lecteurs québécois envers la notation Louis-Braille est manifeste et majoritaire, cette expérimentation a également fait ressortir que cet attachement ne représentait pas un motif suffisant pour renoncer aux avantages du braille uniformisé.

Par ailleurs, il importe de préciser que la notation Louis-Braille ne disparaît pas totalement, son champ d'application étant réservé aux affichages publics, dans les ascenseurs, menus et hôtels, par exemple, ce qui n'exclut pas, non plus, suivant des modalités qui restent à définir, son utilisation dans le braille littéraire lorsqu'une seconde forme de représentation des chiffres est souhaitable.

Après le réseau de la Réadaptation, le RAAQ et l'AQPEHV ont donné leur appui au nouveau Code. Quant au réseau de l'Éducation, il se prononcera au cours des mois à venir. Même s'il reste encore bien des étapes à franchir avant que le nouveau Code ne s'applique au Québec, nous arrivons tout de même au terme d'un long processus de négociation, de consultation, d'expérimentation et de concertation amorcé en 2001. L'heure est maintenant arrivée d'agir, avec réalisme et courage, pragmatisme et rigueur.

Ne laissons pas l'émotivité prendre le pas sur la raison. Ne laissons pas non plus les inconvénients passagers de cette nécessaire réforme nous faire perdre de vue l'importance de l'objectif poursuivi.

Nous avons la possibilité de participer à une révision concertée du braille français. Peut-on réellement se permettre de renoncer à un tel avantage ? Soyons réaliste : si la réforme ne se fait pas avec nous, elle se fera sans nous. En cette ère de mondialisation des échanges et des technologies, pouvons-nous nous permettre de renoncer aux outils technologiques qui seront basés sur la nouvelle norme ? Sous les auspices de l'Union francophone des aveugles, prend forme actuellement des discussions pour faciliter l'échange de titres à travers la Francophonie. Avons-nous les moyens de renoncer à cet éventail élargi de titres dans un braille enfin uniformisé ?

Gardons le cap ! L'avenir est en avant, pas en arrière.

Pierre Croisetière,
président
Regroupement des aveugles et amblyopes du Québec



Dernière mise à jour de cette page :  26 mai 2007


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

Aucune éphéméride en déficience visuelle pour aujourd'hui.

Saviez-vous que :

À l'époque de Louis Braille, on admettait rarement les petits aveugles en classe. Pourtant, Louis devint rapidement le premier de sa classe.

TyphloPensée

« On ne sert bien ses patrons qu'aveuglément, la satisfaction béatement accrochée aux lèvres. »

Gilles Pellerin - Ni le lieu ni l'heure

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

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