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L'accès autonome et universel aux «choses de l'esprit» telles qu'elles se révèlent à chacun d'entre nous par le texte imprimé

Quatre cannes blanches.

Vendredi 15 décembre 2017 à 18:19:35 HnE

Tournois d'échecs pour déficients visuels

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Photographie d'une calculatrice parlante.
Calculatrice parlant français permettant d'effectuer les opérations courantes de calcul. Elle est également munie d'une mémoire, d'alarmes ainsi que des fonctions de Date et Heure.





Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / L'accès autonome et universel aux «choses de l'esprit» telles qu'elles se révèlent à chacun d'entre nous par le texte imprimé

Ce texte est tiré des actes du Colloque international sur les nouvelles technologies du livre adapté (1er : 1997 : Salon du livre de Montréal). Vers une nouvelle génération de livres pour les personnes aveugles : [textes des conférenciers] / Premier colloque international sur les nouvelles technologies du livre adapté ; Institut Nazareth et Louis-Braille en collab. avec le Forum des pays francophones de l'Union Mondiale des Aveugles. -- Longueuil : Institut Nazareth et Louis-Braille ; Longueuil : Union mondiale des aveugles, Forum des pays francophones, 1998.

André Vincent, bibl. prof.
Président-directeur général
Bibliothèque Jeanne-Cypihot

Savez-vous quelle est la plus grande frustration que je ressens en ce moment en tant que personne aveugle, ici, dans cette salle? C'est de ne pas pouvoir fouiner moi-même parmi les milliers de livres qu'on exhibe avec tant de fierté tout autour de moi au Salon du Livre de Montréal, de ne pouvoir feuilleter moi-même, sur place, les beaux textes des Marie-Claire Blais, Max Gallo, Nancy Huston, Albert Jacquard, Marie Laberge, Antonine Maillet, Hubert Reeves, Alain Stanké, Guy Sorman, Michel Tremblay et tant d'autres.

Un jour viendra, cependant, plus rapproché qu'on ne le croit, où un aveugle pourra bouquiner à son aise comme tout le monde. Il paraît, en effet, qu'en 2021, un certain professeur Hayoki Humishi aura réussi «l'interconnexion d'un système miniature de vision robotique au cortex cérébral d'un nonvoyant». C'est du moins ce qu'annonçait , en septembre dernier, anticipant un futur pas si lointain M. Gilles Pepin, ici présent, directeur de la firme québécoise VisuAide, de renommée internationale en matière de technologie de pointe pour personnes handicapées visuelles.

Eh! oui, avec un tel «oeil», je pourrais non seulement me griser de livres durant une semaine, mais je pourrais me taper les meilleures librairies de la ville ou passer les longs samedis après-midi d'hiver à la bibliothèque publique de mon quartier. Je pourrais même, luxe suprême, aménager dans mon salon ou ma chambre à coucher ma propre collection de livres. Étudiant, je passerais les heures creuses entre deux cours à compiler à la bibliothèque universitaire les sources devant étayer ma présentation du lendemain matin. Recherchiste, journaliste ou documentaliste, je profiterais en toute liberté et selon mes besoins professionnels immédiats des meilleurs centres de documentation mis à ma disposition comme, par exemple, celui de Radio-Canada. Chercheur, je compulserais les ouvrages les plus récents regroupés dans les collections de la Grande Bibliothèque du Québec.

S'il est vrai que nous n'en sommes pas encore là, il n'est pas moins vrai que notre objectif ultime, en tant que personnes travaillant dans le domaine de l'accès à l'information, est d'y parvenir. Déjà, les générations de jeunes handicapés visuels nés après la désinstitutionnalisation nous poussent à concrétiser davantage, par des mesures qui les rejoindront dans leur propre environnement, l'entreprise d'intégration sociale, économique, culturelle et professionnelle que nous leur avons promise et pour laquelle il nous est arrivé de nous battre âprement.

Quant aux générations qui nous précèdent, elles découvrent que les joies inhérentes au prolongement de l'espérance de vie s'accompagnent trop souvent d'incapacités visuelles allant en augmentant. Habituées depuis des années à évoluer dans un milieu donné, encouragées à s'y maintenir et à s'y épanouir davantage par les techniques et les outils d'intervention modernes, elles sont peu désireuses, surtout, de se voir traitées en êtres diminués et, par conséquent, peu portées à s'associer à des groupes dont la marque la plus évidente d'identification est un handicap Ces personnes risquent de devenir, si nous n'y prenons pas garde, les grandes oubliées de l'accès à la lecture.

C'est dans ce contexte humain que s'inscrit la mission de bibliothèque. Et, c'est en fonction de l'objectif ultime d'accès autonome et universel aux "choses de l'esprit" telles qu'elles se révèlent à chacun d'entre nous par le texte imprimé que peuvent et doivent intervenir les nouvelles technologies.

Depuis que la Bibliothèque Jeanne-Cypihot a choisi, en 1994, de se donner une mission de diffuseur électronique - sa production s'appuyant sur l'accès aux fichiers-sources des éditeurs et sur la collaboration avec des éditeurs électroniques - les demandes reçues sont venues en majorité de lecteurs provenant de milieux étudiants ou professionnels. Plusieurs d'entre eux ne fréquentent en aucune façon les institutions traditionnelles pour aveugles. C'est grâce à une collaboration suivie avec les services aux étudiants handicapés des collèges et universités québécoises et canadiennes, mais aussi et surtout avec leurs services de bibliothèque, que le contact s'est établi. Il est clair que ces étudiants souffrent avant tout d'un manque chronique d'ouvrages et d'outils de référence ainsi que de documentation récente dans des domaines spécialisés, tels la criminologie, la psychologie et le génie électronique. Heureusement, une technologie comme celle du CD-ROM, par exemple, parvient à combler de plus en plus cette lacune, surtout lorsqu'on y maintient une option en mode textuel.

Les progrès technologiques influencent et continueront d'influencer à divers degrés chacune des composantes du processus d'accès à l'information imprimée, qu'il s'agisse :

  • de la production de l'objet Livre lui-même, quel qu'en soit le format (braille, audio, gros caractères);
  • de l'adaptation et de la mise à jour de l'outillage qui en permettra la lecture (logiciels, magnétophones, périphériques en tous genres);
  • des lois et règlementations en régissant la consommation; ou
  • de l'adaptation et du développement des structures permettant la diffusion des services d'information aux besoins de la clientèle.

Nous croyons, toutefois, que cette influence des technologies sur le processus d'accès à l'imprimé doit s'exercer selon un certain nombre de principes fondamentaux :

  • Dans la mesure du possible, prioriser l'adaptation d'outils et de structures déjà existants, et donc intégrés à la vie quotidienne du citoyen, plutôt que la création d'outils dédiés et de structures qui risquent d'isoler la personne handicapée visuelle.

Rappelons, à titre d'exemple, l'expérience nord-américaine combien coûteuse des premiers afficheurs braille «dédiés» qu'il a fallu remplacer deux ou trois ans plus tard. Idéalement, l'adaptation devrait se faire au stade même de la conception de l'outil ou de la structure afin d'éviter un rattrapage coûteux en termes de temps, d'énergie et de ressources.

À titre d'exemple concret, mentionnons l'arrimage souhaitable des structures de diffusion du livre pour personnes handicapées à la future Grande Bibliothèque du Québec.

L'évolution de la technologie doit refléter l'évolution des besoins de la société qu'elle souhaite desservir et se faire la plus universelle, la plus inclusive possible. Les gouvernements et les bailleurs de fonds doivent donc tenir compte de cette nécessité afin qu'aucune catégorie de citoyens ayant une incapacité visuelle ne soit négligée, isolée ou repliée sur elle-même.

Conclusion

À la base de tout développement dans le domaine de l'accès à l'information, se retrouve d'abord et avant tout l'individu qui en a besoin, en l'occurrence, dans le présent cas, le lecteur.

Le rôle premier d'une bibliothèque, tout comme le rôle premier de l'école dans l'enseignement de la lecture et de la langue, est d'inculquer le goût de la lecture et la curiosité de connaître afin d'inciter par la suite chaque individu à faire l'effort nécessaire pour aller chercher l'information là où elle se trouve.

Or, pour les personnes handicapées visuelles, il est clair que la majorité écrasante des informations disponibles se retrouve en milieu dit «intégré» qu'il s'agisse du milieu de l'emploi, de celui du loisir ou de celui de l'éducation. Les technologies sont de plus en plus en mesure d'offrir aux personnes handicapées visuelles un accès universel aux sources d'information disponibles pour tous les citoyens. Cela pourrait être notamment le cas dans les bibliothèques publiques, scolaires, collégiales et universitaires. Il faut donc leur en fournir les moyens.

On rencontre relativement peu d'aveugles au Salon du Livre, hormis ceux qui tiennent un stand spécialisé et ceux qui leur rendent visite. Trop peu d'aveugles consentent à se promener parmi les livres, après tout, ils n'y voient là rien pour eux. Je fais le rêve pervers, le rêve éveillé, d'enfermer durant deux jours au Salon du Livre de Montréal quelques centaines d'aveugles sous la conduite de guides lecteurs, dans le seul but qu'ils attrapent la rage de lire... la rage de savoir.

Plus il y aura d'enragés du livre, plus il sera facile de convaincre les gouvernements et les organismes que la meilleure façon d'accéder à l'information est de la chercher là où elle est déjà, c'est-à-dire, en milieu intégré. Cette attitude est la clé du succès dans le développement des habiletés sociales qui permettront à la personne handicapée visuelle de se lancer elle-même à la conquête d'autres objectifs, dont celui de l'emploi.

L'information, dit-on, c'est le pouvoir. Dans le cas des non-voyants, on ne saurait sans doute mieux dire. Les nouvelles technologies sont parfaitement en mesure de contribuer à relever ce défi.



Dernière mise à jour de cette page :  25 août 2002


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

Aucune éphéméride en déficience visuelle pour aujourd'hui.

Saviez-vous que :

Le système de lecture et d'écriture braille, mis au point vers 1825 par Louis Braille, s'inspire d'un code de communication nocturne utilisé par l'armée de cette époque. (Le Code Barbier.)

TyphloPensée

« Oh ! qu'ils aient perdu leur regard.
Non, non, cela n'est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu'on nomme l'invisible. »

C. BAUDELAIRE, Les fleurs du mal, "Le voyage".

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

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