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Des yeux au bout des doigts

Quatre cannes blanches.

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Photographie de l'afficheur braille Navigator.
Cet appareil est de moins en moins en usage. Le Navigator a été commercialisé durant les années 1990 par TSI aux États-Unis. Il permet aux aveugles d'accéder au contenu de l'écran de l'ordinateur.





Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / Des yeux au bout des doigts

28 février 2009

Texte tiré de :
Le Devoir, Cahier spécial,
samedi, 31 janvier 2009

Des yeux au bout des doigts

À 16 ans, un jeune non-voyant invente un alphabet tactile
Marie-Ève Maheu

Il y a 200 ans naissait Louis Braille, dans le petit village de Coupvray, en France. Cet homme de génie a mis au point un système de six points en relief qui a révolutionné la vie des personnes aveugles.

«Ce qui est merveilleux de cet homme, c'est que son système d'écriture et de lecture a traversé près de deux siècles pratiquement sans être modifié», dit Denise Monette, qui enseigne le braille à l'Institut Nazareth-et-Louis-Braille.

Elle s'est familiarisée avec le braille dès sa tendre enfance, puisqu'elle vit dans le noir depuis sa naissance. C'est avec beaucoup d'admiration qu'elle parle de cet homme qui a changé sa vie et celle de beaucoup d'autres personnes non voyantes.

Il était une fois

Le système braille est né d'un tragique accident. À l'âge de trois ans, Louis Braille se perce un œil avec un poinçon pendant qu'il joue dans l'atelier de son père, un bourrelier. Son autre œil s'infecte, et il perd complètement la vue à cinq ans.

Malgré sa cécité, il fréquente l'école de son village. «C'était un jeune homme vif et curieux. Il voulait apprendre», raconte Denise Monette.

Louis Braille est rapidement admis à l'Institution royale des jeunes aveugles à Paris, aujourd'hui l'Institut national des jeunes aveugles. C'est dans cette école qu'il mettra au point son alphabet, à l'âge de 16 ans. À l'époque, on reproduisait l'alphabet latin en relief avec du papier gaufré, une invention de Valentin Haüy. Toutefois, cette écriture était difficilement déchiffrable, explique Mme Monette.

Louis Braille a été inspiré par le capitaine Charles Barbier de la Serre, en visite à l'Institution royale. Ce dernier avait mis au point un système d'écriture phonétique de 12 points pour que les militaires puissent communiquer entre eux la nuit. «Louis Braille a conservé l'idée des points en relief et l'utilisation du poinçon», dit Mme Monette. Mais, plutôt que de fonder son système sur des sons, Braille a préféré le calquer sur l'alphabet. «Il voulait ouvrir l'accès à la connaissance par l'écrit», ajoute l'enseignante.

Il a réduit le nombre des points de 12 à 6, pour que la cellule rectangulaire tienne dans le champ tactile d'un doigt. Son système permet ainsi de lire et d'écrire 63 signes distincts. Quelques années plus tard, alors professeur à l'Institution royale, il met au point un système permettant de lire la musique et de faire des mathématiques.

Louis Braille est mort de la tuberculose à 43 ans. Cent ans après sa mort, il a été inhumé au Panthéon de Paris. C'est dire l'immortalité du personnage.

Homme de génie

«Il était quand même génial!, s'exclame Yvan Bourdeau, spécialiste en réadaptation en déficience visuelle. Il a inventé quelque chose d'extraordinaire du premier coup! Ça ne lui a pas pris 50 ans avant qu'il crée quelque chose de réfléchi. Il avait une idée en tête et il était passionné.»

Yvan Bourdeau a perdu la vue à l'âge de 13 ans à la suite d'un accident. Quelques mois plus tard, il a été admis à l'Institut Louis-Braille, à Longueuil, pour apprendre à lire et à écrire sans ses yeux. «Ç'a été ma planche de salut», se rappelle-t-il. Aujourd'hui, il enseigne à son tour le braille à l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec, en plus de donner des cours à l'Université de Montréal.

Système universel

Le système braille a été officiellement adopté en France en 1854, deux ans après la mort de son inventeur. Au Québec, cette méthode révolutionnaire a été importée très tôt. L'Institut Nazareth-et-Louis-Braille l'enseigne depuis près de 150 ans.

«Son système a fait le tour du monde!», dit Yvan Bourdeau. Certains pays ont attendu plus longtemps que d'autres avant d'adopter le système, alors concurrencé par d'autres écritures en relief. Finalement, le braille l'a emporté haut la main.

Savoir et indépendance

Louis Braille n'a pas seulement légué une nouvelle façon de lire et d'écrire pour les personnes non voyantes. Il leur a ouvert la porte du savoir, croit Denise Monette. «Il nous a permis d'avoir accès à la lecture, à l'éducation, au cégep, à l'université et maintenant à Internet.»

Le braille permet aussi aux non-voyants de conserver une certaine autonomie, souligne-t-elle. «Le marché du travail est beaucoup plus accessible. À la maison, je peux identifier les objets avec des étiquettes en braille, comme les disques ou les boîtes de conserve. Je peux me faire un bottin téléphonique, écrire ma liste d'épicerie, etc.»

Yvan Bourdeau abonde dans le même sens. «Si je n'avais pas le braille, je ne sais pas comment je ferais pour travailler ou pour jouer à des jeux de société avec mes enfants.»

Techno braille

Le système braille est presque resté figé dans le temps. Toutefois, il a su s'adapter aux nouvelles technologies, observe Mme Monette. «C'est pour cette raison qu'il a survécu durant près de deux siècles. On est loin de l'époque du poinçon, trou par trou.» Les personnes aveugles peuvent maintenant surfer sur le Web grâce à un afficheur en braille, doublé d'un logiciel de revue d'écran.

Avec le développement de la synthèse vocale (qui permet de créer de la parole artificielle à partir de n'importe quel texte), certains ont annoncé la disparition du braille. M. Bourdeau n'y croit pas. Selon lui, l'audio et le tactile sont complémentaires. «Le son est pratique, mais pour tout ce qui est détail ou transport d'information, le braille est fondamental.»

Ce ne sont pas tous les handicapés visuels qui utilisent le braille. Au Québec, ils seraient environ 5 %. «Avec l'évolution technologique, il y a plus de moyens de pallier son handicap. C'est le dernier recours, en quelque sorte, dit Yvan Bourdeau. De plus, certains croient que le braille est trop difficile à apprendre. D'autres sont réticents parce que, pour eux, c'est atteindre le fond du baril.»

Partout pareil

À l'ère des communications, la francophonie a entrepris, il y a quelques années, d'uniformiser le braille, puisque quelques disparités entre pays sont apparues au fil du temps.

Yvan Bourdeau fait partie du groupe d'experts québécois qui s'est attelé à la tâche. «La planète est maintenant très petite, surtout avec Internet. L'uniformisation du braille français va nous permettre d'échanger beaucoup de matériel avec d'autres pays, notamment avec la France.»

Au Québec, c'est surtout la codification des chiffres qui sera appelée à changer. Pour le reste, les modifications seront minimes. Le code uniformisé devrait être implanté dès l'automne prochain.

Collaboratrice du Devoir

© 2009 Le Devoir. Tous droits réservés.



Dernière mise à jour de cette page :  28 février 2009


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

Aucune éphéméride en déficience visuelle pour aujourd'hui.

Saviez-vous que :

L'amitié de l'abbé Palluy constitua un tournant dans la vie de Louis Braille. Tous les jours, le curé amenait l'enfant dans la campagne environnante et l'initiait à la flore par le toucher et l'odorat. Fasciné et touché par la curiosité intellectuelle du jeune Braille, il fit tout son possible pour lui assurer un meilleur avenir qu'une vie de dépendance, limitée par le manque d'éducation.

TyphloPensée

« Qui veut vendre un cheval aveugle en vante les pattes. »

Proverbe allemand

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

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