Vous consultez : Le Typhlophile / Une pilule miracle inutilisée Les hôpitaux refusent l'usage d'un médicament peu coûteux contre la cécité des aînés
Accès au contenu | Accès au au menu | Touches d'accès rapide du site

Une pilule miracle inutilisée Les hôpitaux refusent l'usage d'un médicament peu coûteux contre la cécité des aînés

Quatre cannes blanches.

Dimanche 13 octobre 2019 à 20:39:36 HaE

Tournois d'échecs pour déficients visuels

Chercher sur le site

Interroger Google

Logo de Google.


Photographie d'un preneur de notes.
Le PACmate est un preneur de notes combinant synthèse vocale et affichage de 40 caractères braille qui peuvent être utilisés séparément. Le PACmate est compatible avec les applications Windows Pocket PC.





Partager la page sur Facebook

Typhlophile écrit en braille.
Une vitrine virtuelle à l'attention des AMIS DES AVEUGLES

Le Typhlophile / Une pilule miracle inutilisée Les hôpitaux refusent l'usage d'un médicament peu coûteux contre la cécité des aînés

9 juillet 2007

Le Devoir
LES ACTUALITÉS, samedi 7 juillet 2007, p. a1

Une pilule miracle inutilisée Les hôpitaux refusent l'usage d'un médicament peu coûteux contre la cécité des aînés
Rioux Soucy, Louise-Maude

Sans l'Avastin, Judy Prevost aurait perdu la vue. Elle n'est pas la seule; dans les cabinets privés des ophtalmologistes québécois, ils sont déjà des centaines à avoir payé de leur poche pour bénéficier de ce médicament qui fait des petits miracles dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA). À l'hôpital toutefois, l'Avastin n'a droit de cité que dans une petite poignée d'établissements québécois. Tous les autres hôpitaux persistent à utiliser le Macugen, même s'il lui est inférieur et coûte jusqu'à 30 fois plus cher, a appris Le Devoir.

L'enjeu n'est pas anodin. Avec le vieillissement de la population, la mainmise sur les traitements destinés à la DMLA revêt des allures de petite mine d'or. Mais voilà, le problème de l'Avastin est qu'il a été fabriqué pour traiter... le cancer du côlon! Qu'à cela ne tienne, il n'en demeure pas moins bien plus efficace que le Macugen, soutient le Dr Mikaël Sebag, de la clinique d'ophtalmologie de l'hôpital Notre-Dame du CHUM. «Avec l'Avastin, on fait le traitement et on gagne de la vision. Les patients maintiennent un niveau de vision utile, ils sont fonctionnels et conduisent encore leur voiture. Avec le Macugen, on ne peut que ralentir la perte de vision.»

Le Dr Sebag n'est pas le seul à croire que l'Avastin devrait pouvoir être utilisé dans les hôpitaux comme cela se fait couramment dans les cabinets privés du Québec. Le Programme de gestion thérapeutique des médicaments (PGTM) - mis en place par les cinq centres hospitaliers universitaires pour favoriser une utilisation maximale des médicaments - le croit aussi. Dans un document préliminaire daté du 7 février dernier, son comité d'étude recommandait que l'Avastin soit considéré comme une option thérapeutique valable dans tous les hôpitaux.

Cette prise de position n'a toutefois pas ébranlé les établissements qui ont choisi de camper sur leur position aussi longtemps que l'Avastin ne sera pas remboursé par la RAMQ, au grand dam du Dr Sebag, qui trouve cette attitude parfaitement «hypocrite». «Le fait est qu'on se retrouve avec une situation de fait où le médicament est utilisé couramment par tout le monde au Québec alors que, dans les hôpitaux, on n'est même pas capable d'en faire profiter les patients qui en ont besoin.»

La Québécoise Judy Prevost est de ceux-là, elle qui fut l'une des premières à bénéficier du traitement à son arrivée sur le marché canadien, sur les conseils du Dr Sebag. Aujourd'hui, ses moyens ne lui permettent plus d'assumer les coûts de l'Avastin toutes les six semaines, si minimes soient-ils. Sachant cela, son médecin a été contraint de lui prescrire le Macugen, qui, lui, est entièrement remboursé par la Régie de l'assurance maladie, mais à un coût autrement plus prohibitif pour la société, soit à raison de 8557 $ par année contre seulement 250 $ pour l'Avastin, préparation comprise.

Pour l'instant, Mme Prevost hésite encore à faire le transfert, qui pourrait bien lui coûter la vue, elle qui a déjà perdu l'usage d'un œil avant de passer à l'Avastin, il y a un an et demi. «Avec l'Avastin, j'ai pu recommencer à lire, j'étais très heureuse de cela. Mais si j'arrête, ma vue va décliner très rapidement, et je perdrai certainement la bataille», raconte-t-elle depuis sa demeure de Saint-Lambert.

Aussi poignant soit-il, ce genre de témoignage ne réussit pas à avoir raison de la frilosité des décideurs, qui rechignent à autoriser un médicament qui n'a pas été homologué pour cette fin par Santé Canada. Le problème, c'est qu'il ne le sera probablement jamais, croit le Dr Sebag. Pour cela, il faudrait en effet que son fabricant, le laboratoire Genentech, en fasse la demande formelle. Or ce dernier a bien compris que son avantage était ailleurs, dans la production d'une molécule «désignée» spécifiquement pour la DMLA.

Flairant la bonne affaire, le laboratoire a pris sa molécule mère pour en faire une molécule fille, le Lucentis, destiné uniquement au traitement de la DMLA. Ce faisant, le laboratoire s'est ouvert un marché bien plus lucratif que le premier. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Aux États-Unis, le Lucentis a été homologué par la Food and Drug Administration et il est maintenant disponible au coût de 1950 $US la dose, contre 30 $CAN l'injection pour la molécule mère dont il est issu!

Certes, son action est plus ciblée, mais les résultats, eux, restent très semblables, affirme le Dr Sebag, qui voit d'un mauvais œil l'arrivée prochaine du Lucentis sur le marché canadien. «Nous risquons de voir la Régie rembourser le Lucentis parce que les études sont bonnes et que la compagnie y a mis toute sa confiance pour la DMLA. La question est maintenant de savoir si, comme société, nous allons accepter ce médicament à raison de 1950 $US le traitement alors qu'il existe déjà une solution raisonnable, à une fraction du coût, qui est tout aussi bonne, sinon meilleure... »

La question taraude les spécialistes depuis plusieurs mois déjà. En novembre dernier, le cœur d'ophtalmologistes américains et internationaux avait été sondé à l'occasion d'un colloque tenu aux États-Unis. À la question de savoir, dans le cas où l'Avastin et le Lucentis seraient vendus au même prix, lequel ils utiliseraient, plus de 55 % ont dit qu'ils continueraient d'utiliser l'Avastin pour des «raisons probables, théoriques, d'efficacité», raconte le Dr Sebag.

Depuis, le débat continue à diviser la communauté médicale, faute d'études substantielles. Plusieurs spécialistes attendent d'ailleurs avec impatience la vaste étude comparative qui sera menée sous peu par le National Institute of Health (NIH) américain. En attendant, les mises en garde s'accumulent. En France, des médecins ont ouvertement mis en doute la pertinence d'abandonner le premier au profit du second. «Les ressources ne sont pas illimitées. Avec l'Avantis, nous observons des effets rapides et efficaces, qui ne plombent pas le budget de l'hôpital. Vu le nombre de malades à traiter, on ne peut s'abstraire du problème du coût», confiait récemment au Figaro le professeur Dominique Chauvaud, de l'Hôtel-Dieu de Paris.

En Australie, l'introduction du Lucentis a carrément donné lieu à une guerre de tranchées entre les hôpitaux, les laboratoires concernés et le gouvernement. Là-bas, ce sont les compagnies pharmaceutiques qui ont finalement réussi à imposer leurs vues en faisant interdire l'Avastin dans les hôpitaux pour traiter la DMLA, question de faire toute la place au Lucentis, dénonce le Dr Sebag.

Un pareil coup de force au Canada n'est pas improbable et doit absolument être contrecarré, poursuit l'ophtalmologiste. Judy Prevost partage cet avis, même si elle sait que, pour elle, l'homologation du Lucentis pourrait faire toute la différence. « Si le Lucentis était remboursé, je serais la première à le prendre, mais en même temps, il y a quelque chose de malsain à jouer le jeu de la compagnie alors que l'Avastin fonctionne déjà bien à un moindre coût. »

D'autant que le Lucentis ne marque que le début d'une longue série de médicaments taillés sur mesure destinés à apparaître bientôt sur le marché très lucratif des baby-boomers vieillissants, prévient le Dr Sebag. «Jusqu'à présent, on a choisi de se battre hôpital par hôpital, mais le problème dépasse largement ce terrain. Il revient à la société de prendre position parce qu'il y a là des implications financières et sociales importantes», conclut l'ophtalmologiste.



Dernière mise à jour de cette page :  9 juillet 2007


Fac ut videam (Faites que je vois)
Le mot latin Fac écrit en braille. 
Le mot latin Ut écrit en braille. 
Le mot latin Videam écrit en braille.

Éphéméride du jour

Aucune éphéméride en déficience visuelle pour aujourd'hui.

Saviez-vous que :

Au cours des derniers siècles, dans différents pays, des hommes se sont penchés sur le problème d'un alphabet pour les aveugles. L'un des plus étranges est certainement cette méthode qui emploie des nœuds disposés sur une corde. Toutes sortes de lettres en relief ont été proposées, en bois, en cire, voire un alphabet réduit à des formes géométriques en relief.

TyphloPensée

« L'amour est aveugle, l'amour-propre l'est davantage. »

Proverbe français

Étymologie

Typhlophile tire sa racine de « typhlo » d'origine grecque et qui veut dire « cécité »; et « phile » veut dire ami, sympathisant, etc. Donc, Typhlophile veut dire l'ami des aveugles.

Un clin d'œil vers :

Haut de la page.

Politique d'accessibilité du site
[Certifier Bobby Approved (v 3.2). | Description]
[Validation HTML/XHTML du W3Québec | Valide CSS! | Ce document rencontre les conformités Valid XHTML 1.0 Strict]
DERNIÈRE MISE À JOUR DU SITE 23 septembre 2019
© 1996/2019; Le Typhlophile - Longueuil, Québec (Canada)

Pour vos commentaires et suggestions.